NICOLAS SARKOZY en visite au CEF de Combs-la-Ville
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Marine Legrand | 14.09.2011, 07h00
Tel un père sermonnant son fils, Nicolas Sarkozy se tient droit face à Benjamin, 15 ans. « Tu es ici depuis combien de temps? Pourquoi on t’a mis là? » « J’veux pas parler avec vous », rétorque l’adolescent du centre éducatif fermé (CEF) de Combs-la-Ville, placé ici par la justice après avoir commis plusieurs viols depuis ses 12 ans.
Le chef de l’Etat fait alors sortir les visiteurs, garde un comité restreint, ferme les portes pour s’entretenir à huis clos avec le garçon. Ils parleront ensemble une dizaine de minutes.La scène se déroulait hier matin, dans le premier CEF de Seine-et-Marne que le président de la République est venu inaugurer. Depuis mai, douze délinquants récidivistes de 14 à 17 ans y sont encadrés par 28 professionnels.
« Les mineurs placés ici ont un profil lourd. C’est leur dernière marche avant la prison, confie Dominique Guéry, directeur de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) de Seine-et-Marne. On leur réapprend les repères quotidiens : se lever le matin, faire sa chambre, suivre une scolarité. Ils font du sport et mènent un projet personnalisé d’insertion. » Une « fermeté » efficace, 62% des sortants ne récidivent pas, selon Guy Geoffroy, député-maire de Combs-la-Ville. « Et toi, qu’est-ce qui t’a amené ici? » lance Nicolas Sarkozy à Yann, 17 ans, en atelier d’arts manuels. « Des trafics avec du shit. » « Pas que du shit », corrige Thierry Fresnay, chef du service éducatif. « Ton jugement est pour quand? », reprend le président. « J’sais pas. » « Tu veux faire quoi en sortant? » « J’sais pas. » Un ange passe. Le chef de l’Etat dégaine sa botte secrète : le football. « Tu es supporteur du PSG? C’est qui ton joueur préféré? » L’adolescent s’anime : « Oui, j’suis fan! Les joueurs du PSG, ils sont tous bons. Surtout Pastore. »
« Je suis admiratif de votre travail, confie Nicolas Sarkozy aux éducateurs. Comment faites-vous avec les profils très difficiles? » « Du dialogue », « des audiences de recadrement avec le juge ». Mais sur les 12 jeunes placés, seuls 5 sont présents. « Certains ont fui, d’autres ont été incarcérés après avoir frappé les éducateurs », regrette Dominique Carrion, le directeur du CEF.













