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mercredi, juin 22 2011

La crise comme pacification par Peter Gelderloos

[Texte anarchiste nord-américain publié sur les sites "Guerilla News" et "Anarchistnews.org" le 25 juillet 2010 dans un recueil de textes de critique sociale radicale sur la thématique de la crise intitulé "Cascades : conversations in crisis" également publié sur le site "anarchist-studies.org" par Friendly Fire Collective. Il revient sur une expérience des luttes en Europe, principalement en Espagne et en Grèce, et en tire quelques leçons en comparaison avec la situation du mouvement anarchiste aux Etats-unis. Nous avions déjà traduit et publié "La non-violence est patriarcale", du même auteur.]


Tiré de "Cascades: Conversations en crise".

PGDe retour aux États-Unis après avoir vécu quatre ans à l'étranger, j'ai été surpris d'y découvrir une prolifération de campements sauvages, d'occupations de maisons vides, de squats, d'occupations d'universités, de jardins urbains sauvages, des rassemblements de solidarité avec les immigrés, et d'émeutes contre la police de la côte Est à la côte Ouest.

D'une part, il semble y avoir un certain niveau d'agitation à l'échelle national, un potentiel d'ébullition qu'on a plus vu dans ce pays depuis des décennies. D'autre part, le sentiment collectif d'être dans un moment révolutionnaire, la réalité émotionnelle de participer à une lutte forte et d'ordre mondial semble étrangement absent. Les gens ne semblent pas oser vouloir que leurs leurs espoirs s'accomplissent, quand précisément ce dont la lutte a besoin pour espérer voir ses espoirs s'accomplir, et de quoi qu'il s'agisse : c'est de faire preuve d'audace. Pour cause, la réalité de l'activisme façon ONG dans laquelle beaucoup de gens s'impliquent ici, et qui a dominé les mouvements sociaux dans ce pays depuis des années, n'est rien d'autre que démoralisante.

Beaucoup de gens ont déjà fait remarqué que «La crise, c'est la routine», ou que la crise est partie intégrante du fonctionnement normal, de flux et de reflux, du capitalisme. Une autre bonne façon de comprendre « la crise » est de la voir comme la pacification des mouvements sociaux. Le capitalisme nous exploite toujours, et le gouvernement cherche toujours à nous duper, tirer profit de nous et à accroître ses pouvoirs. Peut-être l'élément le plus tragique de la crise actuelle est de constater à quel point ils ont pu s'en tirer, précisément parce que nous avons été pacifié-e-s.

A Barcelone, où je vis actuellement, la pratique du squat de bâtiments abandonnés pour le logement et les centres sociaux a aboutit à un mouvement important, et possédant une forte capacité d'auto-OCCUPAdéfense. A proximité, en Grèce, une lutte anarchiste enracinée de longue date a permis de gagner du temps et du terrain qui a pu s'investir dans de nouvelles occupations urbaines des terres, dans les mouvements de travailleurs/euses, dans les luttes de solidarité aux immigré-e-s, dans une riposte à la brutalité policière, et bien plus encore.

En comparant la situation aux États-Unis avec celles dans ces deux pays, on peut tirer un certain nombre de leçons qui pourraient être utiles ici.


La démocratie n'est pas ton ami

CAPITALISMEn Espagne et en Grèce, la transition de la dictature fasciste ou militaire à la démocratie s'est opérée dans les années 1970, et les deux dictatures ont été mises en place avec la complicité active de la bourgeoisie à une époque où les mouvements révolutionnaires anarchistes et communistes allaient en grandissant. Parce qu'ils ont gardé cette mémoire vivante, plus de gens qu'ailleurs y sont conscients que la démocratie et la dictature ne sont que les deux faces d'une pièce, et que c'est une pièce de monnaie que la classe dominante saura encore faire tourner lorsqu'elle en aura besoin pour augmenter ses chances. Dans ces pays, il y a moins de confiance dans les gouvernements, donc l'illusion de la paix sociale et le piège de la participation, les deux outils que possède la démocratie et pas la dictature, sont moins efficaces. Les anarchistes dans ces deux pays ne se considèrent pas comme une partie de la gauche, parce qu'ils comprennent bien que la gauche n'y est rien de plus que la gauche du capital. Tout comme l'État a deux ailes, il dispose de deux stratégies de base de contre-insurrection : la répression - c'est à dire écraser violemment les luttes sociales, et la récupération - c'est à dire la corruption et le détournement des luttes sociales en alternatives citoyennistes qui se concentrent sur le rajeunissement du système plutôt que sur sa destruction-.

Utiliser « la démocratie » comme un bon terme, tenter de la comprendre autrement que comme le système esclavagiste qu'elle a toujours été depuis l'Athènes de la Grèce antique, nous empêche de comprendre le principal moyen par lequel les mouvements sociaux sont défaits de nos jours : en étant happées par la participation au système et la confiance aux autorités, qui sont à blâmer pour tous les problèmes que nous tentons de combattre.* [note en bas de page]

En Espagne et en Grèce, les anti-capitalistes comprennent que les ONGs sont tout autant des ennemis que la police. Les ONG obtiennent leurs financements de la Fondation Ford, du gouvernement, et même des entreprises d'Etat et du capitalisme en général, précisément parce qu'elles fournissent une belle soupape de sécurité bien pratique : en prévenant les tensions sociales et leur transformation en luttes sociales. Les ONGs transforment les révolutionnaires en carriéristes, l'implication politique radicale en engagement politique de bureau, les luttes en bureaucraties.

La gauche, à travers ses partis politiques, autant que par ses organisations non gouvernementales, est structurée de manière à contrôler et canaliser la résistance. Ceux et celles d'entre nous qui veulent DEMOCRATYvraiment un monde libre et égalitaire, dans laquelle tout le monde peut répondre à ses besoins et poursuivre ses désirs feraient mieux de comprendre notre relation avec le système démocratique comme un antagonisme.

Les gens dans les mouvements sociaux aux États-Unis ont besoin d'affirmer l'autonomie des luttes. Les partis politiques, les politiciens, et le financement d'entreprise ou d'État ne sont pas les bienvenus. Les projets qui doivent compter sur ce type de financements, qui leur permet de soulager leurs besoins à court terme, doivent avoir l'ouverture d'esprit et l'honnêteté de reconnaître qu'ils ont troqué leur autonomie, et que pendant qu'ils font leur important travail de charité et d'humanitaire, ils n'ont pas entrepris de luttes sur une base durable, à long terme, qui peuvent s'attaquer aux causes profondes des troubles sociaux qu'ils dénoncent.

l'Histoire se meurt sans notre amour

WEATHERLes luttes sociales en Espagne et en Grèce bénéficient aussi de plus de souvenirs qui leurs offrent des leçons d'histoire collective, d'élan, et de continuité pour survivre d'une génération à l'autre. Leur analyse plus approfondie de la démocratie ne serait pas possible si l'histoire des luttes passées avait disparue. La société américaine, d'autre part, souffre d'une amnésie prononcée, et ceci parce que les mouvements révolutionnaires dans ce pays ont choisi, par omission, de laisser l'histoire des luttes mourir dans un coin. L'histoire n'a pas d'existence objective. Elle se dessèche si elle n'est pas nourrie et alimentée, et sortie pour être remise en marche. L'histoire ne peut pas vivre sur les pages d'un livre, elle ne peut vivre que dans les rues.

Quel meilleur exemple de la puissance et de la vulnérabilité de l'histoire que celle du 1er Mai ? Une lutte menée il y a 114 ans dans ce pays a donné naissance à une force que les mouvements PG2anti-capitalistes du monde entier peuvent encore se ré-approprier aujourd'hui, et toujours dans ce pays, le 1er Mai avait presque disparu jusqu'à ce que des immigrants en lutte le ramènent à la vie en 2006 ( « May Day »). Perdre cette histoire signifie perdre la capacité à lutter contre le capitalisme armé de la connaissance du fait que la paix démocratique n'a jamais existé, que nous avons toujours lutté et contre-attaqué. La profondeur historique correspond à la profondeur politique. Sans elle, tout ce que nous pouvons faire, c'est prier pour nos déchets et nous opposer aux outrages sociaux les plus récents tout en laissant le système intacte. Cette stratégie témoigne d'une grande faiblesse du mouvement anti-mondialisation. Cette politique commune à la gauche, qui manque de profondeur historique, ne peut contester le néolibéralisme, tout en restant muette sur les structures profondes et mondiales qui ont produit le néolibéralisme, et pour laquelle le néolibéralisme n'a été rien d'autre qu'une stratégie alternative.

L'histoire de la lutte est généralement l'histoire de nos défaites, mais ces défaites nous sont chères, parce qu'elles nous rappellent que nous sommes courageux/euses, que nous sommes capables de riposter, et elles nous enseignent comment faire mieux la prochaine fois. Il y a tout juste quelques décennies encore, les États-Unis étaient le théâtre de puissantes luttes sociales qui sont toujours une source d'inspiration pour les radicaux et anti-capitalistes du monde entier. Les Black Panthers, par exemple, non seulement pour les Afro-Américains, mais pour le reste du monde.

A Barcelone, les squatters anarchistes parlent encore de l'expulsion du centre social « Cine Princesa », 14 ans après les faits. La résistance a échoué, le bâtiment a été expulsé, mais les gens se sont inspirés eux-mêmes en luttant de toutes leurs forces. Ils ont fait réfléchir à deux fois l'Etat avant la prochaine expulsion, et ils tiennent à la mémoire de cette bataille, parce qu'elle peut inspirer les générations futures.

BLACKPANTHERSDans l'ensemble, nous avons permis que ces histoires nous soient volées dans ce pays. Beaucoup de gens deviennent politiquement actifs aujourd'hui et apprennent davantage sur les luttes du passé à travers les livres et les documentaires que dans les veillées commémoratives, les manifestations plans-plans et les défilés, les affiches, et les célébrations de jours fériés. Les luttes révolutionnaires des années 60 et 70 ont été anéanties par une efficace répression gouvernementale, une grande partie des mouvements se sont vendus ou retirés à des fins pacifiques, pour participer à la politique municipale ou trouver un endroit peinard, une planque au sein du système, et pour une autre partie l'adoption de formes de plus en plus autoritaires d'organisation, ce qui -on pouvait s'y attendre- a conduit à la constitution de factions, à des jeux de pouvoir, et à des luttes intestines. Malheureusement, les gens en sont aujourd'hui plus à réinventer la roue plutôt que de s'investir de manière honnête après la profondeur de ces défaites.

Les fantômes des luttes passées peuvent nous donner de la force, mais seulement si nous continuons à leur parler, à apprendre d'eux, pour les ramener dans les rues.

Aux États-Unis, nous devrions commencer par commémorer par exemple l'anniversaire des émeutes importantes, les meurtres commis par la police, les occupations de terres, et d'autres événements des luttes en organisant des manifestations et des festivals, en recréant cette histoire aux yeux de tout le monde, et en nous rappelant que nous avons toujours été mis en difficulté. Nous devrions publiquement faire mémoire de l'esclavage, de la ségrégation et du génocide contre les peuples autochtones. Non pas afficher avec arrogance le chemin que nous avons parcouru, comme le fait la gauche, mais montrer combien le système actuel a édifié sa puissance, et combien de fois il a changé de
masques.

« L'opinion publique » n'existe pas.

Une autre force des anarchistes en Espagne et en Grèce, c'est qu'en général, ils ne parlent pas aux médias. Ils comprennent que les médias ne sont pas des alliés, mais une partie du système de contrôle BOBBYdémocratique. Le problème n'est pas seulement «les grands médias», lorsque par exemple c'est la même société qui fabrique des bombes et qui produit également l'information du journal de 20H : qui explique comment et pourquoi les bombes ont été utilisées, et fait des reportages glorifiant les personnes qui ont utilisés ces bombes (l'armée). Même si cela ne fait qu'intensifier le problème, tout ça va beaucoup plus loin : jusqu'aux fondements mêmes d'une société dans laquelle les informations sont créées par des producteurs spécialisés, et distribuées dans des espaces spécifiques par le biais de flux qui sont réglementés et non-réciproques. En d'autres termes, la structure des médias crée des producteurs et des consommateurs de faits et de culture. Dans une société vraiment libre : tout le monde participerait à créer l'information et la construction de la culture, et les partageraient réciproquement.

Dans certains cas spécifiques, la couverture médiatique peut être influencée pour faire une différence concrète, mais les médias ne communiquent jamais les idées que nous avons besoin de communiquer afin de parvenir à un changement social radical. Au lieu de cela, les anarchistes en Grèce et en Espagne mettent l'accent sur la contre-information, sur la communication directe avec la société au moyen d'affiches, de tracts, de graffitis, de manifestations, des marches de protestation, de conversations en face à face afin de contrer les mensonges propagés par les médias.

Aux États-Unis, les médias ont des mouvements sociaux dont ils peuvent tirer les ficelles, et la plupart des militant-e-s se mettent dans cette position volontairement. Les radicaux américains sont si sensibles à « l'opinion publique », qu'ils et elles semblent ne pas saisir quel genre d'institution sont la presse et les médias. La chose la plus importante à comprendre est que « l'opinion publique » n'existe pas. C'est un produit imaginaire d'une démocratie spectaculaire, régie par les médias. L'opinion publique est créé par des flux à sens unique d'informations (par exemple la télévision et les journaux, ou la publicité) et le cadrage permanent du débat. On pourrait facilement obtenir par ce biais une société de contrôle, même si les gens étaient autorisés à voter sur toutes les décisions (par exemple sous la forme d'une «démocratie directe»), aussi longtemps que l'on pourrait cadrer quelles questions ont été posées et comment on les poses. « L'opinion publique » ne sera jamais pour l'abolition des prisons, car d'une part, cette question n'est jamais posée (à la place, le ou la journaliste demande: «pensez-vous que la police fait bien son travail? »), et d'autre part, le public est constamment bombardé d'histoires sur la hausse de la criminalité, l'insécurité, etc. Les causes profondes du crime, ou même de ce que tel ou tel crime signifie comme construction sociale, et qui arrive à le définir : tout ceci ne rentre jamais dans le débat public.

Etre sensible à l'opinion publique en ce qui concerne les tactiques que nous utilisons dans nos luttes, c'est un peu comme demander au FBI ce qu'il pense de nos projets politiques et de nos stratégies.

Les révolutionnaires aux Etats-Unis doivent reconnaître qu'en fait, changer radicalement notre société toute entière est une perspective effrayante, et que cela nécessite de faire considérablement tanguer la barque. Être « pragmatique » et jouer le jeu des relations publiques comporte des avantages à court terme tout en rendant les changements à long terme impossibles. Pour le moment, nous prenons le risque d'être impopulaires, jusqu'à ce que par la répétition, le travail acharné, l'audace et l'engagement constant des les conflits sociaux, nous faisions que les idées radicales apparaissent normales et sensées, et que les tactiques les plus radicales deviennent plus attractives que les autres.

Avant la popularité, vient l'action

GREEKLe public n'est pas la société, mais il est plus accessible. Dans le capitalisme, la société est en grande partie invisible, alors que le public est très visible, même si la première est réelle et que ce dernier est imaginaire. Il est absolument vital de communiquer avec la société, mais personne ne sait réellement ce que la société pense, et moins encore la société elle-même.

Ce que nous savons est que la société est pleine de gens qui applaudissent en silence à chaque fois que quelqu'un tire sur la police pour se défendre, chaque fois que des gens qui s'emparent d'un bulldozer et le détournent pour démolir un hôtel de ville, chaque fois que des gens sont si dégoûtés par l'aseptisation et le contrôle des façades de l'espace urbain qu'ils ou elles les recouvrent de graffitis : des applaudissements de gens qui se pensent seuls dans leur haine du système. Les signes de résistance sont partout.

Nous avons besoin d'avoir confiance en nos propres analyses, et d'agir contre le système même en l'absence d'un mandat populaire. Le capitalisme est basé sur la dissonance cognitive [ndt : processus psychologique qui consiste à accepter son insatisfaction en se trouvant des raisons], etsur l'apprentissage de l'auto-trahison : et pour l'attaquer, les gens doivent attaquer leurs propres chaînes, leurs propres modes de vie. En Grèce, pendant des années, seuls les anarchistes eurent recours aux pratiques « impopulaires et non-pragmatiques » telles que tenir des assemblées ouvertes, organiser des occupations à durée indéterminée, casser des banques, et attaquer des postes de police. Mais dans le soulèvement social de grande envergure qui eu lieu en Décembre 2008 et depuis lors, des centaines de milliers de personnes ont eu recours à ces pratiques, y compris les personnes qui les critiquaient.

La plupart des gens ne soutiendront jamais une lutte à grande échelle à moins que celle-ci existe déjà sous une forme moins développée, parce que seule une lutte qui a déjà commencé à créer de l'énergie ANARCHIKOUSpeut pousser les gens sur la voie difficile de la riposte contre les structures de dominations qui les exploitent. En attendant, les luttes ne peuvent être initiées que par ceux et celles qui osent agir. Les attaques directes contre le capitalisme, l'Etat, les structures de la suprématie blanche et le patriarcat peuvent gagner en sympathie. Cette sympathie ne pourra jamais se mesurer dans les médias ou dans les conversations de militant-e-s professionnels, mais il sera audible dans les rues, sur les murs, dans les transports en commun, dans les universités. Au début, c'est nécessairement une position minoritaire, car dans un premier temps : seul-e-s ceux et celles dont le rejet de l'ordre actuel est le plus viscérale et sans concessions se joignent aux luttes, mais comme ces luttes deviennent moins apologétiques et s'affirment comme une force réelle dans tous les mouvements sociaux et au travers de toutes les lignes de faille des conflits sociaux, de plus en plus de gens sont amenés à reconnaître qu'en fin de compte, il est logique de se battre contre un système qui constitue une exploitation, une humiliation, et une guerre contre chacun-e d'entre-nous.

* [Note] Prenez le mouvement anti-guerre aux Etats-unis. Il n'a pas été vaincu par la répression : il s'est suicidé à petit feu. En étant pacifiques, en étant citoyenniste, en se faisant avec le crédit de l'autorité et donc en plaçant sa confiance en celle-ci, en participant aux élections : il a perdu sa capacité à inspirer et à créer de la puissance.


                                                                                                                                                                                                                                                                   Peter Gelderloos

source : le cri du dodo

vendredi, juin 17 2011

Quand la crise fait tomber les masques du ballet politicien

capitalisme.jpg

parler d’élections pour des antagonistes relève du paradoxe. En général, on s’amuse bien à observer les slogans vides des politiciens, à voir les journalistes qui décortiquent le vote, à entendre les bons citoyens se dire "préoccupés" ou "heureux" des résultats électoraux.

Donc pourquoi s’interroger sur le vote aujourd’hui ?

Depuis quelques mois, les politologues, analystes, journalistes et opinionistes de partout sont désorientés. Comment analyser ce sacré bordel qu’est devenue la scène politique européenne ?
Comme des souris dans une cage, ils essayent de faire tourner la vieille roue des analyses savantes qui avait l’air de si bien marcher jusqu’à aujourd’hui. "Un vent de droite souffle sur le vieux continent," disaient-ils pendant un moment. "La vague de la gauche investit l’Europe" affirmaient-ils quelques mois après, sans solution de continuité. Un genre d’analyse facile et simpliste qui permettait de nier toute matérialité à l’avancement de l’histoire et rassurer les masses démocratisées sur leur prise dans la vie publique.
Cette rhétorique a eu son point culminant lors de la manipulation qui a accompagné le plus grand coup de marketing de l’histoire parlementaire des derniers 20 ans : l’élection de Barack "Change we can believe in" Obama.

Mais le rêve se brise.

On se hâte dans les rédactions. Fébrilement on recherche les bons mots, le dessin commun. On s’acharne désespérément sans résultat. Personne ne veut voir la cruelle vérité : qui gouverne, tombe.

Depuis quelques mois, depuis que les effets de la crise financière commencent à se faire sentir sur l’économie réelle, les gouvernements tombent. Peu importe que ça soit la droite ou la gauche au gouvernement : ils tombent. L’Espagne bascule de la gauche vers la droite. L’Italie de la droite à la gauche. Le Portugal de la gauche à la droite. La gauche garde sa place en Grèce pour une poignée de votes dans des élections dont le seul résultat net est la forte abstention
Qui est au gouvernement aujourd’hui prendra inévitablement les mêmes décisions. Et il ne s’agit pas ici de ressortir la vieille rhétorique de "tous les partis sont l’expression de la classe bourgeoise" ou "la gauche ne sert à rien d’autre que de garder la paix sociale".

Très schématiquement, en fin 2008, pour empêcher l’effondrement du système financier, les gouvernements ont fait des énormes injections de crédit. Et ça n’a pas été que dans une logique de sauvetage votez_toujours1-209x300.jpgdes "too big to fail" ("trop grand pour échouer" : une organisation quelconque dont le poids systémique est trop grand pour que le système puisse en supporter la perte). Même les banques de moyenne taille ont dû être sauvées car le système financier se trouve tellement interconnecté qu’il était impossible de prévoir les conséquences de la faillite d’un institut sur le système tout entier.
Loin d’être résolue, la crise a donc été déplacée des banques aux Etats, qui ont vu exploser leur dette en raison des aides octroyées. Etant donné que les marchés financiers se foutent des ridicules frontières nationales, les politiciens de tous bords ont été poussés à appliquer ces mesures, puisque la seule alternative était une catastrophe économique sans precedent.
Que faire face à cette dette grandissante ? Comme un ménage, les Etats doivent faire des économies. Et l’austérité est la seule solution. Finis les acquis sociaux, finies les retraites, finie l’aide chômage, finie l’éducation accessible.

Ces décisions n’ont rien de politique. Ce sont des questions qui dépassent largement les politiciens. Et cela vaut pour tous les pays car tous les pays doivent démontrer qu’ils sont des bon élèves vis-à-vis des vrais décideurs mondiaux : les agences de rating.

Les agences de rating, comme des maîtresses qui regardent de leur banc les petits élèves, donnent des notes à la dette. Elles évaluent si le remboursement est crédible ou pas sur une échelle qui va de AAA à D.
En passant, c’est la manipulation éhontée des ces notes qui a contribué - voire causé - le déclenchement de la crise subprime de 2008.

Le 94% du riche marché des agences de notation financière est occupé par " The Big Three" : Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch Ratings. Évidemment ces entreprises ne sont qu’un rouage parmi d’autres dans la folie du capitalisme financier transnational. Mais leur poids est grandissant et sans freins. Comme pour tout système de pouvoir : qui contrôle les contrôleurs ? La capacité de ces agences privées à piloter les spéculations financières met les gouvernements à la botte de l’élite capitaliste.
Silvio Berlusconi, dans un propos passé totalement inaperçu dans la presse, déclare au sujet d’une possible crise du gouvernement causée par le mécontentement populaire : "les agences de rating nous ont donné une triple A, mais elles ont dit que cela était soumis à une condition : le maintien de la stabilité du gouvernement".

Indépendamment du fait que Berlusconi a bien intérêt à rester à sa place, le fait que l’opinion d’entreprises privées puisse constituer un argument pour ou contre une decision strictement politique est révélateur du fait que personne ne se gêne plus à avouer la soumission complète de la mascarade parlementariste aux envies des élites financières.

S’il y a une mauvais note, comme ça a été le cas notamment pour le Portugal, l’Irlande et la Grèce, il faut rattraper le retard accumulé sur les autres camarades de classe et démontrer d’avoir bonne volonté pour rassurer les agences de rating et donc les marchés (sic !). Quoi de mieux pour faire cela que des privatisations massives et des coupes dans le social et l’éducation ?

Donc tout gouvernement est appelé à des décisions anti-sociales. Et si la manipulation médiatique et la paix sociale n’ont pas déjà atteint leur paroxysme (comme en Suisse lors de la révision de la LACI) les gouvernements tombent.

Au moins jusqu’à quand il sera évident que la politique n’a plus rien de politique.

Et c’est seulement à ce moment là que la merde et le pet pourront sortir, et finalement soulageront le ventre...

huhu-2.jpg

source : le réveil

dimanche, mai 22 2011

Témoignages de camarades sur les occupations de Barcelone et Grenade

Témoignages et récits de l’Espagne,

par Federico (Barcelone) et Paolo (Grenade)

Esta es democrazia !

Il n’est pas facile de raconter ce qui se passe aujourd’hui en Espagne. Beaucoup de choses différentes sont en train de se rejoindre, de nombreuses réalités et de nombreuses formes d’indignation, ainsi que beaucoup de rage.

Dans plusieurs villes d’Espagne, les gens occupent naturellement les rues, jour et nuit, en faisant des camps, des repas sociaux et surtout de grandes assemblées publiques.

Il n’y a pas de coordination nationale, ni de structure ou de plate-forme commune, bien que Madrid reste le centre de référence et que la forme et les contenus des manifestations soient les mêmes dans toutes les villes.

Tout a commencé par une manifestation spontanée diffusée par les social network. La manifestation organisée par « democraciarealya », qui propose un ensemble de droits minimaux, est fixée pour le 15 mai, exactement une semaine avant les élections municipales. Elle se nomme « Toma la Calle ! No somos mercancìa en manos de políticos y banqueros » (Prends la rue ! Nous ne sommes pas de la marchandise en main aux politiques et aux banquiers).

L’objectif est ample dès le premier moment, ce n’est pas Zapatero, ni le PP, mais l’ensemble du système qui ne fonctionne pas, victime du marché : ils chantent « los mercados yo no le ho votado » (moi les marchés je ne les ai pas voté).

Un autre ennemi est le bipartisme, le système politique étouffant qui ne représente pas les besoins de la population. Dans la ville de Madrid, une grande partie de Juventud Sin Futuro est présente, un mouvement qui le 7 avril avait rassemblé dans les rues la rage des générations précaires.

À la fin de la manifestation du 15 mai à Madrid, les personnes qui décident de rester sur les lieux sont pourchassées par la police. Le fait déclenche des réactions dans toute l’Espagne et en deux jours de nombreuses villes commencent à mettre en pratique des camps provisoires au centre des places : Madrid, Barcelone, Bilbao, Grenade, Saragosse, Valence, Malaga ...

Dans toutes ces villes se créent des assemblées et des organismes autogérés de résistance qui transcendent la plateforme initiale : comme plusieurs feux nés d’une même étincelle.

L’objectif déclaré est d’atteindre le 22 mai, jour des élections municipales.

Le mouvement espagnol se définit partout comme étant asyndical et apartitique, par conséquent les drapeaux ou les symboles sont interdits durant les manifestations (c’est presque incroyable de ne voir même pas un drapeau catalan à Plaza de Catalunya bondée). Une des chansons qui revient sans cesse dans les places est « El pueblo unido funciona sin partido » (Le peuple unit fonctionne sans parti) .

Ce rejet de la politique institutionnelle n’est pas seulement une réaction négatif, mais aussi une charge totalement positive : le mouvement a l’assemblée publique comme seul espace de décision. Durant les assemblées, on chante « Esta es democracia »

C’est incroyable de constater qu’on n’entend jamais parler de partis politiques, de Zapatero et du PP. L’ennemi est le système, le capitalisme, la consommation indiscriminée. Les partis ne sont pas pris en compte, et leurs déclarations ne sont pas commentées. Ils sont, de fait, complètement délégitimés.

La situation politique

En Espagne, le chômage des jeunes est encore plus lourd qu’en Italie (on parle de 40-45% de jeunes qui reçoivent le paro, l’équivalent de l’allocation chômage). Après le boom économique immobilier de ces dernières années, les dettes pèsent considérablement et Zapatero a adopté une politique d’austérité face à la crise, caractérisée par de grands financements aux banques et des coupes vertigineuses du système public.

En outre, dans tout le pays, il existe des ordonnances interdisant les formes de vie sociale, y compris les rassemblements dans les places. Dans ce sens, les pratiques exprimées sont encore plus radicales, puisqu’elles brises explicitement les interdictions de ces ordonnances.

Dans les Universités vient d’arriver le Plan Bolonia, avec modification des parcours d’études et hausse des impôts. Il est inutile de souligner que le processus de Bologne accentue cette situation de précarité. Se crée donc la génération « Nini » : Ni trabajo, Ni estudio (Ni travail Ni étude). Ceux qui terminent leurs études ne savent pas quoi faire de leur vie.

La recherche souffre des coupes et les chercheurs sont obligés de survivre en allant de « beca » en « beca » (la beca est la bourse d’étude). Certaines personnes ayant dépassé la quarantaine vivent encore de bourses.

L’Europe

Les caractéristiques communes avec l’Europe sont nombreuses, en commençant par la crise et les mesures d’austérité. Mais il est encore plus intéressant d’analyser les particularités de ces résistances. Par qui sont composés ces mouvements espagnols ? Difficile à dire, car chaque ville s’organise autour de son assemblée indépendante et souveraine, qui à son tour est composée de différentes réalités. Nous devons reconnaître la primauté de la ville de Madrid qui déploie les Book Block déjà utilisés à Londres et à Rome, bien que la forme du camp rappelle d’autres luttes. Tout d’abord les révoltes du Caire, même si en parlant avec les gens, il semblerait que les suggestions les plus fortes viennent non seulement du Maghreb, mais aussi de l’Islande. Connectez ces révoltes est un enjeu qui commence à se faire entendre !

Cependant, le caractère urbain de ces manifestations espagnoles doit être souligné. Ces luttes sont enracinées dans la ville, et ce n’est pas un hasard si elles décident d’en occuper les points cardinaux. En Italie, on utilise des formes telles que « Riprendiamoci le città » : c’est exactement ce qui se passe en Espagne. Les pratiques en acte sont pour ainsi dire pleinement européennes.


Les assemblées

C’est peut-être le point le plus intéressant. Comment s’organise cette énorme masse de différences ? Il est clair que les réseaux sociaux ont une importance fondamentale. Twitter fonctionne pour mettre à jour, confirmer ou réfuter les infos données par la presse ; Facebook est principalement utilisé pour la circulation de matériaux divers et la promotion d’événements.

Les blogs, comme celui créé par les manifestants de Barcelone (http://acampadabcn.wordpress.com/category/info-general/), donnent la possibilité de commenter toutes les décisions prises de jour en jour.

Cependant, les assemblées restent la réelle spécificité de ce mouvement : car il ne s’agit pas seulement d’étudiants, ni seulement de travailleurs. C’est la ville entière qui parle.

Les jeunes sont certainement en majorité, cependant, ils se sont ramifiés, ils ont étendu leurs activités ; les comités de citoyens s’unissent aux groupes étudiants et aux personnes au « paro ».

À Barcelone, des milliers de personnes se rassemblent chaque soir une heure ou deux pour chanter et crier leur indignation collective, avant que les porte-parole des comités de travail, qui s’étaient réunis l’après-midi, ne s’expriment durant l’assemblée plénière face à une masse vaste et silencieuse.

Les assemblées sont très techniques, l’argument principal est « comment s’organiser », mais chaque ville a ses particularités.

Granada est un cas singulier. Des « dispositions pour la gestion des assemblées » ont été formulées. Dans ces accords, il y a les « minimos », c’est-à-dire les principes minimaux que chacun doit respecter. Le plus important est que le seul lieu de décision est l’assemblée.

Pour travailler sur ces points minimaux, ils identifient les mécanismes, la forme de l’assemblée. Tout d’abord, la présence d’un modérateur qui dicte l’ordre du jour, donne les tours de parole, les clôt. Il invite les intervenants à ne pas se répéter, il demande si la personne concernée a d’autres questions, et dans le cas contraire l’invite à retourner s’asseoir.

On n’applaudit jamais, mais on fait une sorte d’applaudissement silencieux. Ceci implique qu’il y ait très peu de discours instigateurs. La participation de la population est très élevée. Et le droit de parole est toujours respecté, même lorsque la situation est très tendue.

À la fin d’un tour de parole, les gens sont invités à voter. Le vote n’est pas une question mécanique, il n’y a pas de majorité numérique ni le risque d’approbation avec un écart de deux voies. Le vote est le témoignage d’un consensus collectif, même si la situation est proche de la parité, on continue à discuter.

Dès les premiers jours, des groupes de travail qui s’occupaient de « radiodiffusion », « sécurité » et « presse » se sont constitués. Aujourd’hui, à Grenade un groupe de « propositions » s’est ajouté ; tout le monde (2000-3000 personnes) a reçu des feuillets pour rédiger des propositions pratiques. Six groupes de bénévoles se sont créés, une douzaine de personnes par groupe, afin de classer ces propositions, de les rassembler et de les donner à l’Assemblée le lendemain pour en discuter. La seule interdiction est que les propositions ne soient pas contraires aux « minimos ».

Il s’agit d’une étape importante. Le mouvement commence à se distinguer par des demandes spécifiques, qui sont construites dans un processus pleinement participatif.

On entend parler de développement durable, de lutte contre la précarité, de lutte contre la corruption, de sensibilisation des consommateurs. Il n’y a pas une seule ligne de pensée, mais la primauté de certains sujets nécessaires au changement du système. Cela pourrait être un tournant, le moment où l’on commence à construire et non seulement à refuser.

Un facteur commun aux assemblées et aux groupes est à souligner : le soin envers les choses et les personnes. Une grande sensibilité pour l’environnement (les assiettes en plastique sont réutilisées par des milliers de personnes), le nettoyage est organisé collectivement. On perçoit que le monde peut changer, mais que pour que le monde change il faut mettre en pratique le changement. Le concept « Esta es Democracia » est affronté jusqu’au fond.

Tout est mis en œuvre pour que la participation soit collective. Le vote et les interventions sont deux formes de participation, et les règles de conduite sont claires pour tous.

Des tracts avec les droits fondamentaux de chacun en cas d’arrestation sont fournis, et plusieurs pancartes expliquent ce qu’il faut faire en cas d’évacuation. Ces modes de comportement, proposés en un premier temps, ont été discutés et votés. C’est clair que le thème le plus chaud est la relation avec la police.

Relations avec la police

Le mouvement est pacifiste. Ce qui ne l’empêche pas d’être radical. L’objectif principal reste toujours celui de changer le système, créer un monde qui considère les personnes en tant que telles et non une valeur d’échange ou de sommaires consommateurs. Nous avons dit que l’ennemi n’est pas le PSOE ou le PP, par conséquent l’ennemi n’est pas la police. Les policiers ne sont que des travailleurs qui obéissent aux ordres.

Ceci ne signifie pas qu’il faut subir. Bien au contraire, les numéros d’immatriculation des policiers qui côtoient les places sont enregistrés, tout abus ou violence est automatiquement dénoncé. Les gens savent quelle attitude adopter. En cas d’hostilité, la police est ignorée. Les droits en cas d’arrestation sont rappelés en permanence, ainsi que les numéros de téléphone de nombreux avocats. La forme est celle de la résistance passive. Les épisodes de tension n’ont pas modifié le comportement des gens.

La police n’est pas un problème, chaque fois qu’il y a une provocation ou une menace, on trouve un moyen de résoudre la situation qui ne soit pas frontale. Les objectifs demeurent : a) occuper la place le plus de temps possible et b) la lutte contre le système.

Le radicalité du mouvement réside dans son obstination. Après une première évacuation, on retourne toujours au même endroit (c’est arrivé à Granada, Madrid et Barcelone). En considérant les mouvements politiques à l’heure actuelle, ainsi que leur diffusion, une intervention policière rendrait les manifestations encore plus fortes. En ce moment même, le mouvement est soutenu par toute la société dans son ensemble ; les interventions de la police seraient donc tout à fait arbitraires et ne cesseraient de renforcer l’indignation commune.

Vamos Arriba este es un atraco

C’est curieux de lire et écouter, de l’Espagne, les témoignages recueillis ces derniers jours à Tunis.

Il semble que les centaines de milliers de personnes qui sont descendues dans les rues et qui campent dans les places publiques de tout le pays, après les manifestations du 15 mai, fassent partie de cette même vague qui s’est soulevée au Maghreb récemment, et qui a traversé aussi bien Londres, Rome, que le reste d’Europe.

Ce sont ces mêmes jeunes sans avenir, une génération précaire et hautement qualifié, qui traînent cette nouvelle révolte massive, en réclamant démocratie, liberté et dignité.

C’est avant tout une révolte contre l’existant, contre un présent figé entre précarité et chômage, contre l’austérité de l’argent aux banques et des coupes au service public (par ordre chronologique, la dernière à être touchée est la santé). Une révolte contre la politique libérale de gestion de la crise du gouvernement "socialiste" de Zapatero, contre les banques et le système financier, contre ceux qui se sont enrichis de la pauvreté des autres.

Une révolte contre et au-delà des partis politiques et des syndicats, considérés complices des pouvoirs économiques, bref, contre et au de là d’une gouvernance défaillante et incapable, non seulement de représenter, mais aussi d’interpréter et communiquer avec la place publique.

Ce n’est pas un hasard que les rassemblements spontanés, nés dans une dizaine de villes espagnoles, aient paralysé médiatiquement et politiquement la campagne électorale des élections administratives de dimanche prochain. Le Parti populaire s’agite contre le gouvernement et appelle à l’ordre public, le PSOE a mis en scène une maladroite et paternaliste tentative de dialogue (bien qu’il soit violemment attaqué par la protestation), et tous s’interrogent avec anxiété en essayant de quantifier les voix perdues. Essentiellement, ils ne sont pas en mesure de répondre et d’interagir au niveau du discours imposé.

La décision récente d’interdire toute manifestation durant la période électorale (samedi et dimanche) résume toute la difficulté des institutions à répondre, ainsi que l’intelligence et la force du mouvement.

La non-violence déclarée dès le départ s’est traduite en une résistance radicale passive et dans l’occupation obstinée de tous les lieux centraux et symboliques de la ville, en termes de circulation, commerce et tourisme. Un mécanisme qui s’est déclaré s’être inspiré de la Révolution Égyptienne, qui communique en permanence sur le web et qui attire le consensus de larges segments de la population. À l’heure actuelle, l’utilisation de la force par les institutions locales pourrait obtenir un résultat contraire à celui recherché.

En réalité, ce qui peut arriver dépend avant tout de la capacité de ce mouvement à traduire l’indignation en revendications concrètes, plutôt qu’en prétentions justicialistes de moralisation ou perfectionnement de la classe politique.

Tout dépend de la façon dont le système auto-organisé, minutieusement calibré dans chaque ville (commissions opérationnelles, organes de débat et discussion, assemblées plénières), commencera a fonctionner non seulement par des déclarations de principe, mais dans la perspective de lutter pour le welfare. Il faut espérer que les différents rassemblements de chaque ville, indépendants mais interactifs, ne s’isolent pas, mais interagissent avec les autres villes. Et pourquoi pas, avec le reste de l’Europe.

Source : email. Traduction : une camarade.

source : le réveil

compil d'infos ici

infos mise à jour régulièrement sur le mouvement espagnol sur  rebellyon info


lundi, mai 16 2011

Lettre d’un citoyen en colère

Outré par les récents évènements survenus à Lyon ce samedi 14 mai, je lance un message de colère à la limite du désespoir à qui voudra l’entendre.
Nous sommes sans nouvelle de notre ami J. interpellé samedi à Lyon suite à la contre manifestation organisée par divers mouvements anti-racistes et partis ou organisations de gauche.

Le but était de réagir à la tenue d’une mani­fes­ta­tion de nervis de l’extrême droite radi­cale, la même qui, depuis des mois, s’orga­nise à Lyon notam­ment, via des réseaux fran­çais et euro­péens tels blood and honor. Ces grou­pus­cu­les, sous cou­vert de déno­mi­na­tion d’asso­cia­tions cultu­rel­les natio­na­lis­tes, sont en fait des lieux de ras­sem­ble­ment de la frange radi­cale de l’extrême droite, que je pré­fère per­son­nel­le­ment appe­ler grou­pus­cu­les néo-nazis, car même si visi­ble­ment le terme dérange médias et poli­ti­ques, il ne s’agit de rien d’autre que de mou­ve­ments clai­re­ment extrê­mis­tes et ultra. J’en veux pour preuve les concerts, vidéos, photos et autres, qui témoi­gnent abso­lu­ment sans équivoque du carac­tère anti­sé­mite, isla­mo­phobe, homo­phobe, xéno­phobe et tant d’autres. Groupes de musi­que néo-nazi invité en concert, affi­ches blood and honor, saluts nazis, et j’en passe.

Pendant ce temps, la presse dans sa grande majo­rité conti­nue de se foca­li­ser, comme le gou­ver­ne­ment, sur les pro­blè­mes de délin­quan­ces et d’iden­tité natio­nale, créant clai­re­ment un climat de ten­sion inter-citoyen, pour ne pas dire inter-racial. Stigmatisation des musul­mans, des jeunes « cas­quet­tes bas­kets », dési­gnés comme seuls res­pon­sa­bles de l’insé­cu­rité fran­çaise. Pointés du doigt également, les milieux alter­na­tifs, asso­cia­tifs, liber­tai­res et plus géné­ra­le­ment d’extrême gauche, accu­sés de mani­fes­ta­tions sau­va­ges, de casse en bande orga­ni­sée, et autres.

Cependant, tout le monde s’accorde à dire visi­ble­ment qu’ heu­reu­se­ment, la police réa­lise un tra­vail excep­tion­nel pour calmer les choses dans ce climat plus que délé­tère.

Il est temps que l’opi­nion publi­que se rende compte de ce qu’il se passe, sous ses yeux, mais masqué par un silence média­ti­que et un pou­voir qui a clai­re­ment décidé de fermer les yeux et de ne rien faire à part lais­ser pour­rir la situa­tion.

Lyon compte à pré­sent deux locaux clai­re­ment iden­ti­fiés comme points de repère de la frange radi­cale de l’extrême droite, et dans son immense majo­rité, néo-nazie. Ces der­niers se livrent, depuis un an, à des actes de van­da­lisme envers des mani­fes­ta­tions cultu­rel­les, des com­mer­ces sup­po­sés appar­te­nir à des pro­prié­tai­res ayant des ori­gi­nes magh­ré­bi­nes ou plus géné­ra­le­ment afri­cai­nes ou nord-afri­cai­nes (devien­drait-ce un crime en France ?), et un nombre de lyn­chage qui aug­mente de plus en plus, plus les mois défi­lent. Ces atta­ques, véri­ta­bles guet apens, sont orga­ni­sés en fin de mani­fes­ta­tions, de ras­sem­ble­ments cultu­rels, ou tout type de mani­fes­ta­tion estam­pillé alter­na­tif, soli­daire etc. .

Les mots lyn­cha­ges, pas­sa­ges à tabac, règle­ments de compte et syno­ny­mes ne sont pas un vague délire de per­sé­cu­tion, ils sont le reflet de ce qu’il se passe réel­le­ment et régu­liè­re­ment, sans que per­sonne ne s’en aper­çoive. La méthode est tou­jours la même : atten­dre la fin d’une mani­fes­ta­tion estam­pillée de gauche, suivre un groupe isolé (fré­quem­ment deux per­son­nes ou trois) se diri­geant vers leur « ter­rain de chasse » (pour le moment essen­tiel­le­ment Villeurbanne et Saint-Jean), et leur tomber dessus. A une quin­zaine contre deux ou trois. Équipés de barres de fer, de batte de base­ball, de ran­gers coquées, et tout type d’objets des­ti­nés à faire mal, à casser, à inva­li­der. Les jours d’Interruption Temporaire de Travail se chif­frent, depuis six mois, en cen­tai­nes d’heures, tout comme les frac­tu­res, notam­ment facia­les. La der­nière agres­sion clai­re­ment fas­ciste semble remon­ter au début / milieu du mois d’avril. On ne sait pas encore vrai­ment com­bien de per­son­nes ont été bles­sées au cours des émeutes néo-nazies de samedi der­niers, mais on parle d’une dizaine de per­son­nes bles­sées, et d’au moins un kebab sac­cagé. Ma der­nière infor­ma­tion du nombre de jours d’arrêts de tra­vail suite à des agres­sion néo-nazies, en cumulé, por­tait ce nombre à 271 jours. Et cela en six mois, ou un an, ce qui est ENORME. Qui en parle ? Presque per­sonne.

Revenons sur la mani­fes­ta­tion de samedi. Visiblement, il ne fal­lait pas être anti­fas­ciste ce jour là. Comment expli­quer que malgré l’énorme dis­po­si­tif poli­cier, notre cor­tège, préa­la­ble­ment coupé en deux par la police, ait pu se retrou­ver coincé sur un pont, avec les CRS char­geant aus­si­tôt et sans som­ma­tion immé­dia­te­ment, à la matra­que et aux gre­na­des lacry­mo­gè­nes et assour­dis­san­tes, et de l’autre côté, les néo-nazis, sans aucun dis­po­si­tif poli­cier de leur côté, ni devant eux, ni der­rière eux. N’est-ce-pas là, une preuve irré­fu­ta­ble que la police avait orga­nisé et pensé cette confron­ta­tion, dans le but de pou­voir arrê­ter un maxi­mum de mili­tants sup­po­sés du monde d’extrême gauche, liber­taire ou anar­chiste ? Comment expli­quer que notre police, citée par notre Président pour son pro­fes­sion­na­lisme et sa rete­nue, pro­cède de cette manière ?

Il ne s’agit pas ici de défen­dre les uns et les autres : je cons­pue ce gou­ver­ne­ment, la police, et les néo-nazis, les ayant tout trois en hor­reur. Mais je n’écris pas un pam­phlet, j’essaie d’expli­quer objec­ti­ve­ment ce qu’il s’est passé, puis­que seules les ver­sions offi­ciel­les pri­ment.

Est ce normal que mon ami J. se fasse arrê­ter parce qu’il cour­rait pour échapper à la charge poli­cière qui venait de nous coin­cer en étau en face des nervis néo-nazis ? En quoi peut on lui repro­cher de porter sur lui un anti­vol de voi­ture pour se défen­dre s’il tom­bait sur un groupe ? N’est ce pas connu de tous que ces grou­pus­cu­les sont les spé­cia­lis­tes de l’atta­que de per­son­nes à l’aide d’objets conton­dants ? N’avons nous pas le droit de nous défen­dre en cas d’atta­que, c’est trop demandé ? Comment expli­quer qu’en voyant mon ami se faire inter­cep­ter, vou­lant aller le cher­cher avant que la situa­tion ne s’enve­nime avec le poli­cier, on me donne comme seule réponse deux bou­cliers, et un flash-ball braqué en plein visage à cinq mètres (je rap­pelle que le flash-ball est létal jusqu’à sept mètres...). Comment pou­vons-nous dire que la police est pro­fes­sion­nelle lors­que que le poli­cier qui me tient en joue d’une manière plus que dan­ge­reuse et somme toute illé­gale, me crie « T’as un pro­blème ? Ben viens, allez viens, on va s’expli­quer ! ». C’est ça, le pro­fes­sion­na­lisme ? La rete­nue ? Pouvez vous conce­voir la rage, le déses­poir même, qu’on res­sent lors­que son ami inno­cent se fait menot­ter devant soi, n’ayant eu que pour seul tort d’être au mau­vais endroit, au mau­vais moment ? Quel était son autre faute ? Être noir peut être ? Toujours est il qu’à l’heure qu’il est, nous n’avons aucune nou­velle de notre ami, qui est en garde à vue depuis samedi en fin d’après midi, pour rébel­lion et vio­lence aggra­vée. Nous sommes restés ensem­ble tout au long de cette contre mani­fes­ta­tion, JAMAIS il ne s’est rebellé, pas même pen­dant son arres­ta­tion qui s’est passé sous mes yeux, et n’a jamais usé de vio­lence, à aucun moment et envers qui que ce soit. Il n’avait même pas son l’objet qu’il trans­por­tait pour se défen­dre au cas où dans la main. Les seules vio­len­ces com­mi­ses ont été per­pé­trées par les nervis d’extrême droite d’une part, et la police de l’autre, qui comme d’habi­tude a chargé les résis­tants au néo-nazisme galo­pant en France et en Europe, usant d’une atti­tude mépri­sante, vio­lente, et contraire à toutes leurs règles et obli­ga­tions.

Je suis révolté par ce climat igno­ble qui règne en France, pays qui encense les résis­tants de la seconde guerre, mais matra­que sans ver­go­gne leurs arriè­res petits-fils qui ten­tent de résis­ter face à une menace néo-nazie réelle et dan­ge­reuse, que tout le monde semble igno­rer, à com­men­cer par l’opi­nion publi­que. Serait-ce pour nous dire que notre combat contre l’into­lé­rance et le racisme est mal ?

J’espère que cette lettre trou­vera écho, quel­que part. J’espère que les gens et les pou­voirs publi­ques com­pren­dront ce qu’il se passe, en bas. J’espère que les auto­ri­tés vont pren­dre cons­cience de la menace que repré­sente ces grou­pus­cu­les d’extrême droite, et de plus en plus sou­vent, la police également.

J’espère que l’on pourra porter très vite secours à mon ami, enfermé depuis samedi soir, vic­time de la volonté d’étouffer la résis­tance face à ce qui nous semble, à nous citoyens fran­çais de toutes ori­gi­nes, un fléau à éradiquer, encore et tou­jours : le néo-nazisme.

Florian.


suite de  la manifestation de samedi à Lyon :  A lyon dans la rue - et sous la pluie - contre les racistes et leurs cochonneries

source :  rebellyon.info


BON ! LES GONZESSES, ÇA COMMENCE À BIEN FAIRE !

Dire tout haut ce que les cons disent tout haut


Non, c’est vrai ! Comme dit un socialo : « Il faut attendre de savoir qui est cette femme ». D’ailleurs je lis que la chaîne hôtelière qui l’emploie a ouvert une enquête sur elle. Normal !


dsk.jpgSi ça se trouve, elle est moche ! Ah non, ne me faites pas dire c’que j’ai pas dit. La présomption, c’est sacré. Je ne dis pas qu’elle est moche. Je dis : si ça se trouve !

Et là, ben l’accusation tomberait d’elle-même...

Parce que, sans aller jusqu’au complot (encore qu’avec tout ce qu’on voit ! sans parler de ce qu’on nous cache, enfin, je m’comprends !), c’est quand même un peu louche cette histoire de femme de chambre qui pénètre dans une suite... Et juste au moment où le patron français du FMI international sort du bain ! Est-ce qu’elle a frappé, seulement ? Vous allez voir qu’elle va raconter une histoire vaseuse de serviette propre...

Après, bon, ben, comme on dit, on n’est pas d’bois...

D’ailleurs on parle sans savoir.

Si ça se trouve, le DSK, il lui a seulement proposé une p’tite ligne ou un cacheton, histoire de se mettre dans de bonnes dispositions, un peu comme le Polanski avec l’autre minette. On peut refuser poliment, merde !... De là à ameuter la CIA ! Y’a des mijaurées ! Faut dire qu’aux USA, ils sont coincés du cul, alors forcément...

Chez nous, ça se s’rait pas passé comme ça. D’ailleurs, j’prends l’pari. Vous allez en causer autour de vous : au bout de deux minutes, vous aurez des exemples en pagaille, de l’ancien ministre de l’Éducation nationale au chef de bureau de la belle-sœur, en passant par le prof d’université, ça serre dans les ascenseurs, ça fourrage dans les corsages, ça négocie les unités de valeur. Avant on avait la promotion canapé, qu’on appelait ; maintenant, c’est plutôt le chômdu canapé. Si t’y passes pas, tu dégages. C’est la vie ça ! Ça a toujours été comme ça ! Je dis pas que certains n’en profitent pas... Mais, eh ! eh ! et les gonzesses ! quand elles sont patronnes de quéquchose, elle se gênent peut-être ?

Notez, là dessus, sans êt’ féministe hein ! j’peux comprendre. Y’en a qu’ont des besoins comme nous autres. Ça a toujours été, aussi. Bon, avec l’évolution des mœurs, c’est mieux admis.

Là, le DSK, si ça s’trouve c’était à une séance de thérapie reichienne, un truc façon laboratoire innovant des mœurs de demain, qu’il l’a invitée, comme a fait Otto Muehl avec les gamines de sa communauté. Le peintre d’avant-garde ; il a refait une communauté au Portugal. Même que Michel Onfray a trouvé ça super. Heureusement qu’il nous reste des philosophes gaulois, quand même !

Ou alors, si ça se trouve, c’est un bout d’essai (sans jeu de mots ! ah ! ah ! Nan, je dis « sans jeu de mots » passqu’il y a un jeu de mot avec « bout », si vous voyez ce que j’veux dire... Bon, laissez tomber !) qu’il lui a proposé. Un peu comme Brisseau... Le cinéaste... Mais si ! Montre-moi comment tu t’touches, j’te dirai si t’as l’étoffe d’une star. Bon, je dis pas qu’il a pas été maladroit... Ben qu’est-ce qu’il a pris ? Du sursis ou une amende. De la bricole, quoi. Eh ! On n’allait pas mobiliser le Raid... Ah ! Ah !

Nan, moi j’dis, les conneries sur le viol, le harcèlement, les abus, ça va bien comme ça. On a une réputation nationale à défendre bordel ! Maintenant, tu t’fais sucer par ta p’tite nièce, quinze ans plus tard, elle te d’mande le paquet : impresscriptible qu’y disent. Tu lâches ta purée, y’a crime contre l’humanité ! À la fin des fins, tu peux plus tirer ton coup ! Faut dire les choses comme elles sont ! Et là, y’a d’labus, c’est l’moment d’le dire.

Et les gonzesses... bon, la contraception, j’ai trop rien dit. C’est pas inutile. L’avortement, j’veux bien : y’a des râtés. Elles ont brûlé leurs soutifs à c’quy paraît... Moi, dans le métro, j’vois pas tellement la différence. Après, l’égalité des chances, tout ça, OK. Une femme ministre, pourquoi pas (surtout à la famille, hein) ; une femme policier, bon (y’avait bien des chiens...) ; une femme soldat, va savoir (les gouines, ça les défoule). Mais après, un flic dans chaque femme, je dis stop !

Faut quand même garder le sens des proportions... Vous vous rendez compte que le DSK, il allait à une réunion internationale « pour discuter du sort de la Grèce ». Bon, son FMI, c’est un truc genre « Banquiers sans frontières » : dès que’l système monétaire crame un circuit, y s’arrivent pour arranger l’coup. Des mecs utiles, quand même.

Et le sort de la Grèce (on l’a faite avec ma femme), y passerait après les fesses de Miss « Room service ». Non mais dans quel monde on vit pas !?

Alors moi j’dis, chacun chez soi. Les Ricains avec leur morale à la con, et nous zautres qu’on a fait 68, et pas chômé l’année suivante (si vous...). On a quand même la chance de viv’ dans le pays le plus beau et le plus lib’ du monde. Et le sens de l’humour, qu’est vachement important.

Et pis si tout le monde y met du sien, tout pourrait continuer comme avant. Y’aura toujours des aigries, des mal baisées, des sufragettes. C’est dans la nature humaine, aussi. Mais c’est pas la majorité du genre, même si elles sont pénibles avec leurs jours ceci leurs jours cela, ce qu’est quand même une explication, notez, si c’est pas une excuse. Voilà qu’jai perdu l’fil maintenant... Ah oui ! Pas la majorité, et c’est bien heureux, passque, au fond, les gonzesses, hein, faut dire c’qu’y est : on peut pas s’en passer !

NB. Il sera aisé à la lectrice et au lecteur de « traduire » les idées répugnantes, délibérément exprimées ici dans un style vulgaire, en style « bourgeois bien mis », ou sociobiologiste, ou psychologique, ou « féminin raisonnable », etc.

source : Claude Guillon


Comme si ce n'était pas  suffisant que cette misérable soubrette ai subi les assauts d'un  vieux pervers libidineux, il faut que ça se voit.

Les commentaires sur cette affaire  sont aberrants. Certains attendent des preuves, des coups, des marques. Tu te fais défoncer la chatte par un connard, mais en plus faut que tu te retrouves la gueule de travers sinon ça ne compte pas ?

bemorose


mardi, mai 10 2011

Avis aux passagers

Traduction d’un texte paru sur Finimondo, un nouveau journal anarchiste italien. Vous pouvez trouver leur section française ici 

03d835a4d10c52d5afe02b580fe105c07399bafd_m-da5ee.jpgNous le sommes tous. Nous traversons cette existence sur la terre conscients d’être de passage. Surtout parce qu’on ne tient pas dans les mains le volant qui conduit le voyage de notre vie. Nous n’en contrôlons ni la vitesse, ni la direction, ni la destination. Nous vivons cette expérience, la seule à notre disposition, en se contentant, au mieux, de regarder par la fenêtre. Comme des passagers, justement. En sachant bien que rien ne dure éternellement, que, tôt ou tard, on arrive au terminus et on descend.

Nous avons appris que le bonheur est un état momentané. Tôt ou tard, les rapports humains se détériorent, le réveil matinal nous reconduit à l’enfermement quotidien, les déceptions laissent leurs blessures douloureuses. Et le bonheur s’évanouit.
Nous avons appris que l’amour est un plaisir éphémère. Tôt ou tard, le coeur ne court plus comme un fou, la magie des regards se brise, le désir s’estompe. Et l’amour finit. Nous avons appris que la confiance est un choix révocable. Tôt ou tard, les promesses ne sont pas maintenues, les programmes ne sont pas respectés, les mensonges remontent à la surface. Et la confiance s’en va.
Nous avons appris que la paix est une valeur incertaine. Tôt ou tard, un manifestant est abattu dans la rue, un pendulaire est déchiqueté sur un train, un civil est bombardé dans sa maison. Et la paix a cessé.
Nous avons appris que le travail est une occupation temporaire. Tôt ou tard, la technologie est renouvelée, le secteur est saturé, le marché entre en crise. Et le travail est terminé.

Nous avons appris que toute notre vie est transitoire et précaire. Nous ne pouvons pas choisir nous-mêmes les images qui filent à toute vitesse devant notre fenêtre, ni ceux qui viennent s’asseoir à côté de nous. Ce qui se passe, se passe. Inutile de protester. De surcroît il est interdit de s’adresser au chauffeur. Voilà pourquoi rien de ce qui nous arrive semble nous toucher. Si les passagers d’un transport public assistent silencieux et immobiles à une agression, les passagers de la vie assistent silencieux et immobiles à n’importe quel abus. Au lieu de nous encourager à réaliser ici et maintenant nos désirs, au plus vite avant que ça soit trop tard, la caducité de la vie nous a rendu aveugles, insensibles, résignés. Ainsi, nous nous étonnons pas non plus quand nous apprenons que la liberté est une condition provisoire. La liberté même, bien sûr. Ce que jadis constituait la raison principale pour laquelle vivre, se battre et mourir, aujourd’hui a pris l’aspect d’un privilège qui est rarement considéré comme indispensable, qui est superflu pour la grande majorité.
Tôt ou tard il pourrait nous arriver de parler, d’aimer, de protester, de vivre sans demander le consentement à la personne compétente. Et la liberté prendrait fin.
Au moins pour ceux qui, fatigués de jouer le rôle du spectateur de passage, veulent descendre à tout prix de la machine sociale, lancée dans une course qui ne les regarde pas. Pour ceux qui, au final, s’obstinent à penser que la liberté est encore la raison principale pour laquelle vivre et se battre.
A tous les autres, on souhaite un agréable voyage. Et n’oubliez pas de composter votre billet.

source : le réveil

dimanche, mai 8 2011

Et Pan Fafwatch dans le Canard!

Article Canard Fafwatch

mardi, mai 3 2011

Le leader néo-nazi Jeff Hall abattu, son fils de 10 ans détenu par la police #USA

r-JEFF-HALL-NEO-NAZI-large570.jpgPour l'éminent leader néo-nazi Jeff Hall, les non blancs, les homosexuels, les immigrants et les autres prétendus indésirables n'ont pas leur  place dans un monde parfait. En fin de compte, la police soupçonne, l'arme qui à mis fin à sa vie  samedi, n'était pas tenu par  quelqu'un qu'il haïssait  mais quelqu'un qui l'aimait sans doute : son fils de 10 ans.

Hall est décédé tôt dimanche matin. Des coups de feu ont été signalés à son domicile peu après 4 heures.

Ce matin, la police de Riverside, en Californie, n'a pas encore déclaré si  l'assassinat de HALL, le directeur de la Californie et le leader de  la  région du Sud Ouest du National Socialist Movement (NSM) est accidentel ou  intentionnel. Selon le NY times, le fils de Hall est détenu et aucun autre suspect n'est recherché. Hall était marié et père de 5 enfants.

Le site de NSM qui est actuellement le plus grand parti  néo-nazi en Amérique avec 50 élus  dans 32 états, a décrit la mort de Hall comme un assassinat mais sans aucune information précise.


 Jeff Schoep, le chef  du NSM ,  a écrit: «Camarades, C'est avec une grande tristesse et le coeur lourd que je vous informe de la perte de Jeff Hall directeur régional des  États du Sud-Ouest. Aujourd'hui (1 mai 2011), Jeff Hall a été retrouvé assassiné dans sa maison de Riverside, en Californie. ... Jeff Hall a été comme un frère pour moi. ... Tu nous manques. Rendez-vous à Valhalla! "

La communauté des nationalistes blancs a subi un coup dur, avec la mort de Hall, selon le site  de référence nationaliste   White 

Hall est le deuxième dirigeant important de la suprématie blanche qui meurt de mort violente cette année. Le fondateur d'American Front, David Lynch, 40 ans a été retrouvé tué par balles, le 2 mars à son domicile, à Citrus heights, en Californie , une banlieue de Sacramento.
American Front est une coalition nationale de bonesheads racistes modelée selon le National Front anglais. La police n'a pas encore identifié de suspect dans l'assassinat de Lynch, même si un ancien associé, Charles « Charly boots » Demar a été arrêté pour d'autres charges, et est  considéré comme une « personne d'intérêt » dans le cas de Lynch.

 Hall, 32 ans, qui  plaide pour une "nation blanche" et a souvent dirigé  les manifestations de la suprématie blanche  faisant de raides  saluts nazis et  agitant des drapeaux ornés de  croix gammée au beau milieu de centaines de contre-manifestants en colère , a été considérée comme une espèce  d' étoile montante dans le milieu néo- nazi. Il avait organisé des rassemblements racistes dans un centre journalier et des synagogues locales. Il a également fait des siennes  à l'automne dernier quand il a tranquillement déposé son nom comme candidat pour le conseil  d'administration du syndicat des eaux du district ouest du comté de riverside. Il n'a pas d' affiche de campagne et n' a  assister à aucun forum des candidats. Bien que Hall soit  plombier de son métier, il n'a pas déclaré  d'occupation  dans sa   profession de foi.

Quand les médias ont voulu déterminé quel sorte candidat il peut bien être , en fait,  ce  Jeff Hall du NSM,  n'a eut  aucun  recul. "Je veux une nation blanche", il a déclaré à un journaliste. "Je ne cache pas  ce que je suis, et je ne veux pas laisser tombé l'eau." Hall a été battu par son adversaire,  avec 27,8% (8139 votes)  sur 29.243 suffrages exprimés - pas un très grand nombre, mais plus qu'attendu pour un néo-nazi  (la plupart des électeurs ,'ont probablement  aucune idée de son affiliation). Hall a qualifié les résultats «une grande victoire pour l'Amérique du national-socialisme." Il a écrit, "C' est une grande victoire quand un candidat national-socialiste reçoit plus d'un quart des votes pour un poste d'élu dans sa circonscription."

Selon le Times, Hall a tenu des réunions mensuelles du parti  NSM à son domicile,  un journaliste y  assisté pour le journal. Lors de cette réunion, Hall a annoncé des plans pour une "patrouille"  afin de  traquer les personnes sans papiers qui traversent illégalement la frontière mexicaine, en Arizona. "Les gars, vous prenez  votre Glock  et  en avant pour la danse"  aurait  dit Hall  aux membres du parti. "Nous allons à la frontière. C'est comme ça  que nous  faisons. "

Hall avait participé à des incursions armées  à la frontière. En Juin 2010, Hall, un confrère du NSM  J.T. Ready, et environ huit autres personnes rassemblées dans l'Arizona Vekol Valley. Hall a affirmé que l'objectif de leur opération était de lutter contre les cartels mexicains de la drogue et protéger le pays" Armés de pistolets et de fusils puissants , le groupe  a mené des patrouilles à travers le désert et «sécurisé» un bâtiment abandonné. Ils ont affirmé avoir appréhendé trois immigrés clandestins  qui passaient la frontière, bien que cela n'est  pas été confirmée de source indépendante.

Le NSM dit que seuls les hétérosexuels "blancs de sang pur " devraient être   autorisés à avoir la  citoyenneté américaine et que tous les non-blancs doivent être expulsés, quelle que soit leur statut juridique. Comme Schoep l'a dit: "La Constitution a été écrite par des hommes blancs seuls. Par conséquent, il a été conçu pour les Blancs uniquement ". Mais le parti voue un culte non pas à un américain, mais  à un allemand: Adolf Hitler, décrit comme : " Notre Führer, le bien-aimé Saint-Père de notre époque ... un visionnaire à tous les  égards ". shoep_0.jpg

Le NSM a ses racines dans le  Parti nazi américain, qui a été fondée en 1959 par l'ancien Marine Le commandant. Rockwell Lincoln George. Sept ans après Rockwell a été assassiné par un de ses disciples en 1967, deux de ses principaux lieutenants, Robert Brannen et Cliff Herrington ont fondé le mouvement  national socialiste des travailleurs d'Amérique  pour la liberté à Saint-Paul, au Minnesota. Le leadership  a été passé  en 1994 à Jeff  Schoep, qui a donné au parti son nom actuel.

Grâce en partie à un manque de leadership causé par la mort des principaux dirigeants américains néo-nazis, y compris William Pierce de l'Alliance nationale, qui est décédé en 2002, et l'Organisation des Nations aryennes , Richard Butler, décédé en 2004, le NSM est devenu la plus grande organisation néo-nazie dans le pays.

UPDATE:

le porte-parole de la police du  Riverside  le lieutenant Ed Blevins  a déclaré lundi aux alentours de midi que le meurtre  de Hall "était un acte intentionnel" et que l'un des enfants de  Hall est " détenu aux fins de l'enquête pour meurtre", selon l'Associated Press. Blevins n'a pas  déclaré  le nom de l'enfant, bien que plus tôt les médias ont indiqué le  fils de 10 ans. Blevins a déclaré que le motif de la fusillade n'a pas été déterminée, et que l'autopsie était en cours. Le bureau du coroner du comté de Riverside dans un communiqué de presse a dit que Hall est mort d'une seule balle "tirée par un assaillant connu."

source : HATEWATCH

Ben Laden mort, il va leur manquer

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Les 300 000 morts de la guerre contre le terrorisme 

Les attentats du 11 septembre 2001 avaient fait 2 996 victimes, dont 343 sapeurs-pompiers, et 59 policiers, venus secourir les victimes enfermées dans les tours du World Trade Center. La guerre contre le terrorisme lancée par George W. Bush Jr a, elle, entraîné la mort d’au moins 227 000 personnes, ou plus de 300 000 selon d’autres estimations, dont 116 657 civils (51%), de 76 à 108 000 islamistes, insurgés ou talibans (34-36%), 25 297 soldats des forces loyalistes en Irak et en Afghanistan (11%), et 8 975 soldats américains, britanniques et autres nations de la coalition (3,9%)..... la suite

Sources : Owni et Carlos Latuff


lundi, avril 25 2011

l'enseigne "arbeit macht frei" suspendue dans une rue de Rome

insegnaispirataadauschw.jpgDes camarades italiens du Comité NoMortiLavoro arrive une leçon importante : la mémoire ne doit jamais être stérile. Avec une provocation bien réussite, elles sont arrivéEs à mettre en évidence les contradictions de cet société qui sanctifie l’exploitation et au même temps à briser la rhétorique de la commémoration pacifiée et souriante. Bravo !

ON MEURT DE TRAVAIL CAR ON VIT DE PRÉCARITÉ

AFP | 25.04.2011 | 20:25

Dans le quartier de Pigneto, l’enseigne en fer forgé, de quatre mètres de long, avec le même type de caractères que ceux au-dessus du portail d’entrée du camp de la mort, a été fixée pendant la nuit par des inconnus à deux grilles de chaque côté de la rue.

L’inscription, qui était en anglais —"Work will make you free"— a été enlevée par la police dans la matinée de lundi.

Le maire de Rome, Gianni Alemanno, ancien membre du parti néofasciste MSI (Mouvement social italien), en ce jour anniversaire de la libération de l’Italie, le 25 avril 1945, a qualifié cet acte d’"infamie" et de "honte". Il a également souhaité que les personnes responsables de cette "inscription antisémite" puissent être poursuivies.

(...)

Ce jour d’avril 1945, Benito Mussolini quittait Milan, et la capitale lombarde était libérée du fascisme et de l’occupation nazie.

source : le réveil

dimanche, avril 24 2011

Trafalgar square occupé #UK #uncut

4 éme semaine d'occupation à Trafalgar square contre les coupures budgétaires (traduction)

trafalgar.jpgL'occupation pacifique contre les coupures (anticuts) a établi son camps pour la 4éme semaine àTrafalgar square depuis ce soir (NDLR 23 avril 2011)

Lors de la manifestation de 24 h campera pour la nuit et organisera des ateliers et des exercices pour la journée de demain.

Cette semaine, Trafalgare Square a été utilisé pour un événement ( cette semaine c'était la célébration de St Georges) et donc le début de l'occupation du parc de la galerie nationale.

Ils y ont installé un chapiteau et des tapis et pic niqué en attendant que le square soit libre.

Plus tard, ils monteront des tentes sur la place et demain ils feront leur ateliers et parleront au public.

Il s'agit de la 4 ème semaine que l'occupation a lieu. L'appel a eut lieu à l'origine une semaine après l'énorme et inutile opération de ketting ( tactique d'intimidation) de nettoyage de la police après le Tuc et les autre manifestions du 26 mars anti coupures.

Ils ont annoncé que leur occupation est tout a fait légitime et non violente et effectivement la police à osé les attaquer une fois de plus.

Bien que filmé par les agents du patrimoine et observé par la police (ouvertement et secrètement).

Ils sont resté pendant les 24 heures et sensibilisé un grands nombres de passants qui ont également participé à l'atelier organisé par une école vraiment

07traf_sq.jpglibre.

trafalgar3.jpgLorsque j'ai visité la semaine dernière (leur 3éme occupation), leur nombre avait augmenté et avaient été rejoint par un groupe de sans en abris en début de projet. Ils avaient étalés de grandes feuilles de papiers blanc, inscrivant le slogan 'nocuts » et invitant les gens à inscrire en quoi les coupures budgétaires les avaient touchées.

A la fin de l'occupation de dimanche dernier, les feuilles étaient noircies de description du malheur, de la misère et du dénuement écrites par les passants au cours des 24 h.

L'occupation est ouverte à tous et toutes, tant que les intentions sont non-violentes et respectueuses. Les supporters peuvent amener de la   nourriture et des boissons non alcoolisées pour partager.

Update

Après la célébration de jour de St Georges, comme dit précédemment, les occupants ont repris leur place habituelle comme les 3 semaines précédentes mais à minuit et demi, une douzaines de policiers et ont menacés de les expulser.

SOURCE:  indymedialondon & info complémentaire  occupy Trafalgar square for the alternative


crédit photo : rikki (indymedia uk)

jeudi, avril 21 2011

"Le terrorisme de gauche et anarchiste» (TE-SAT 2010 Europol).

Rapport d' Europol sur la lutte armée et l'action militante en 2010 (TE-SAT 2010) Principaux résultats (traduction)

pinot-simple-flic-1984-5870-1084057070.jpg

• Poursuite de l'augmentation du nombre d'attaques terroristes
 depuis 2007.
• La majorité des incidents ont été incendiés dans
2009, tandis que l'utilisation d'engins explosifs improvisés dominé en 2008.
• Les attaques utilisant des armes à feu a augmenté en Grèce
(De un en 2008 à quatre en 2009).
Un policier
officier a été tué et un autre a été blessé.
• Actions par des groupes anarchistes sont de plus en plus
violents et parfois bien planifiée.
• De violents affrontements entre les groupes droite et de gauche
ont continué. 

7.1. attaques terroristes


L'Espagne, la Grèce et l'Italie ont signalé un total de 40 attaques par des groupes de gauche et anarchistes pour 2009. Cela constitue une augmentation de 43% par rapport à 2008, le nombre d'attaques a plus que doublé depuis 2007.


Comme les années précédentes, la plupart des attaques ont été menées avec succès et
ont surtout ciblé les intérêts du gouvernement et des entreprises. La majorité de ces attaques ont été des incendies criminels, signalées par l'Espagne, et causé uniquement des dommages matériels . Le pourcentage d'attaques IED ( ENGINS EXPLOSIFS IMPROVISÉS) a diminué de 43% en 2008 à 20% en 2009, la majorité de ces attentats à la bombe sont survenus en Grèce.

En Grèce, six organisations de gauche terroristes ont menées un total de 15 attaques en 2009. Les attaques utilisant des armes à feu est passé de une en 2008 à quatre en 2009, et peut être attribuée aux organisations Epanastatikos Agonas, Sekta Epanastaton et OPLA (Organoseis Proletariakis Laikis Aftoamynas). Ils visent principalement les intérêts de la police, gouvernementales et commerciales et des armes à feu et des grenades utiliser dans leurs attaques. grece.jpg

Sekta Epanastaton est apparu pour la première fois en 2009 et a revendiqué la responsabilité d'une attaque le 16 Juin 2009, dans laquelle un policier a été tué en service gardiennage de la maison d'un témoin impliqué dans une enquête sur Epanastatikos Agonas. Cette derniere a revendiqué la responsabilité d'une attaque contre des policiers en service au Ministère de la Culture à Athènes en Janvier 2009. Les assaillants ont ouvert le feu et lancé une grenade à main, blessant grièvement un officier.

L'augmentation en Espagne 13 attaques en 2008 à 23 en 2009 peut être attribuée à des groupes anarchistes avec une présence importante dans la région de Catalogne. Après une campagne de soutien sur Internet pour un activiste emprisonné, les attaques se sont propagées à d'autres endroits dans la seconde moitié de 2009. La majorité étaient des attaques incendiaires. 7 sur 23 attaques ont échoué.

L'Italie a signalé deux incendies criminels ciblage réussi siège d'un parti politique à Rome. Les attaques faisaient partie d'une série d'actions à profil bas qui a eu lieu à Rome en 2009, revendiqué par l'organisation Cellule di Resistenza Proletaria.


7.2. suspects arrêtés 


Un total de 29 personnes ont été arrêtées en 2009 pour terrorisme de gauche et anarchistes dans six États membres de l'UE: Bulgarie, France, Allemagne, Grèce, Italie et Espagne. C'est la moitié du nombre déclaré pour 2008, lorsque la France a arrêté un grand nombre de personnes liées au démantèlement de la branche française de la gauche turque DHKP-C partie.

La majorité des personnes arrêtées étaient soupçonnées d'implication dans les attaques et l'appartenance à une organisation terroriste. Près de 40% avaient moins de 30. En France, un militant de gauche a été tué et un autre grièvement blessé lors de la manipulation de chlorate de sodium pour fabriquer un engin explosif improvisé dans une usine désaffectée. Au total, quatre personnes ont été arrêtées lors de l'enquête.

Une longue enquête en Italie, qui a abouti à l'arrestation de six suspects en Juin 2009, a révélé l'existence d'une organisation marxiste-léniniste subversive principalement basées à Rome, Gênes et Milan.

L'objectif de ses membres a été de relancer la lutte armée en fonction de la stratégie poursuivie par la Brigade Rouge.

En Novembre 2009, plusieurs journaux italiens ont reçu un dépliant de 4 pages intitulé «Une résolution stratégique", dans lequel les lecteurs sont invités à reprendre la lutte armée. Le document a été envoyé par un groupe jusqu'alors inconnu, Nuclei di Azione Territoriale considéré comme inspiré par le Brigate Rosse. Cela confirme l'activisme des groupes qui sont d'inspiration idéologique par les Brigade Rouge en Italie.

La Grèce a signalé un total de cinq arrestations, tous liés à l'organisation terroriste Synomosia Pyrinon Fotias Athina-Thessalonique. L'enquête sur un attentat à la bombe le 23 Septembre 2009 contre la résidence d'un membre éminent du parti politique Pasok a conduit à l'arrestation de quatre individus. Ils sont soupçonnés d'être derrière une série d'attentats à la bombe.

7.3. l'extrémisme


En 2009, la tendance croissante de l'activité par des extrémistes de gauche et anarchiste se poursuit. L'Allemagne a constaté une augmentation substantielle des infractions pénales liées à l'extrémisme de gauche et anarchistes, des dégâts matériels principalement, avec une augmentation marquée des incendies criminels de véhicules.

Après une période d'accalmie de deux ans, le FAI (Federazione anarchica Informale) a revendiqué deux attentats en Italie qui a visé le directeur de la CIE (Centro di identificazione Espulsione ed), et l'Université Bocconi de Milan.

Traditionnellement, les extrémistes anarchistes soutiennent un certain nombre de grands thèmes idéologiques tels que l'anti-capitalisme, l'anti-militarisme, l'anti-fascisme et la campagne «No Borders». Le Royaume-Uni a connu un changement d'orientation dans certaines activités de protestation anarchiste en 2009. Les extrémistes normalement associés avec le mouvement anarchiste ont manifesté un appui pour les questions environnementales.

La Suède a également signalé un changement d'orientation vers le changement climatique, les squats et la question des migrations.

La plupart des actions par des extrémistes anarchistes ne sont pas préparés, se sont des actes impulsifs commis par petits groupes. Toutefois, des incidents violents dans la ville française de Poitiers le 10 Octobre 2009 a montré que ces groupes sont également capables de mener des actions rapides et violentes émeutes de rue, ciblant ainsi les autorités policières et les propriétés représentant le pouvoir gouvernemental et économique. poitier.png


Des tactiques similaires ont été observés en Belgique dans deux attentats contre les intérêts d'affaires. Les cas français et belges semblent en contradiction avec la nature impulsive généralement reconnu des activités anarchistes, dans le sens qu'elles semblent avoir été bien préparés à l'avance et organisée dans les moindres détails .

Le groupe extrémiste le plus actif de gauche dans la République tchèque, Antifašistická Akce, est connue pour organiser des camps d'entraînement où les arts martiaux, des combats de rue et les tactiques «comment réagir face à des actions de police» sont pratiqués.

Les mesures prises par les groupes anti-fascistes contre des cibles droite intensifié en 2009. Pendant les campagnes électorales récentes, il a été observé que les manifestants de l'UAF (Unite Against Fascism) au Royaume-Uni a montré une plus grande volonté pour faire face à des militants d'extrême droite et la police. En Allemagne, un certain nombre de candidats des partis de droite ont été violemment attaqués et blessés, et les véhicules des membres ou des fonctionnaires ont été brûlés.

Au cours d'une campagne contre les anarchistes de droite des partis politiques en Suède, plusieurs élus ont été agressés. Dans certains cas, ces attaques ont été bien préparés
grâce à la surveillance des objectifs. La capacité des groupes anarchistes pour traduire leurs ambitions violentes dans l'action semble avoir cessé de se renforcer.



source : signalfire et pdf

jeudi, avril 14 2011

Libye : Techniques insurrectionnelles.

position-de-shebab-tirs-vers-tripoli-street-photo-13.jpgLa tenue des combats le long de Tripoli Street



Aujourd’hui, mardi 12 avril, les shebabs ont lancé une offensive contre le Tamina Building, à Misrata, après un mois de combats autour de Tripoli street. Petit à petit, les insurgés reprennent le contrôle du centre-ville. RPG ou cocktails Molotov contre tanks et blindés, acharnement et arrassement quotidien face aux immeubles tenus par les snipers, cloisonnement et strangulation des positions kadhafistes. Pour endiguer les conneries déblatérées par certains journalistes fraichement débarqués – à l’image de france 24 ou de l’AFP – il est important de rappeler que les forces loyalistes encerclent la ville depuis six semaines bloquant tout accès par la terre, mais que les troupes n’ont réussi qu’une percée en son sein, la prise de Tripoli street, artère reliant l’axe Tripoli-Benghazi au centre de Misrata. Position qu’ils sont en passe de perdre. Tout le reste de la ville est tenu par les rebelles, la centrale électrique, l’usine de désallinisation d’ou partent les camions d’approvisionnement en eau, le port et les entrepots. Certes, elle vit sur ses réserves, mais Misrata vit. Elle a l’odeur de la poudre, celle d’une ville qui résiste. Le son des bombes rythme les nuits, mais les cris des insurgés emplissent les ruelles. C’est une guerre assymétrique qui s’installe, mais une chose est sure, dans tous les quartiers et dans toutes les têtes, on ne veut pas de troupes étrangères ici, on veut des armes. Il ne sont pas misérables les shebabs, ils sont fiers, ils ont cette force invincible car la mort ne leur fait plus peur, 42 années leur rappellent le sens de leurs combats, ils libèreront Misrata ou ils mourront là..

Au début du soulèvement de Misrata, les partisans de la révolution se retrouvaient sur une place du centre-ville, désormais déserte. Elle est devenue inhabitable du fait de sa proximité avec le début de Tripoli Street, où les mercenaires tiennent leur principale position dans le Tamina Building. Il y a un mois, une colonne de sept cent hommes a tenté de prendre Misrata. La contre-attaque de la population a circonscrit l’occupation à ce boulevard. Depuis, le ravage des tanks et l’efficacité des snipers ont transformé la colonne vertébrale de la ville en un décor apocalyptique. Le vingt-et-un mars, cinq mille personnes marchaient désarmées sur ce boulevard pour récupérer leurs morts. Ce jour-là, les tirs sur la foule ont tué quarante personnes et blessé environ deux cent cinquante autres. Cette marche, ce geste fou, était une tentative encore naïve de briser le dispositif militaire déployé. Une poignée de tanks et de tireurs embusqués arrivent encore – contre tous ses habitants – à faire de cette partie du centre-ville une position de force.

Ici, l’urbanisme, qui semble assumer un héritage à la fois haussmanien et postmoderne, révèle toute son efficace. La largeur de l’artère se prête plus facilement au mouvement des blindés qu’à son barricadage par les insurgés. Elle offre une gigantesque ligne droite pour les tanks, depuis les positions d’appui en retrait hors de la ville jusqu’aux zones de combat de l’hypercentre. Des deux côtés de la route se dessine l’agencement propre à tous les centres villes métropolitains. Des espaces nus et dégagés, surplombés par des façades en grande partie vitrées. Peu de recoins, peu d’angles morts, la progression se fait à découvert. Les cadavres de ceux qui ont prétendu traverser les larges places pour accéder aux pieds de certains building, rappellent cruellement que tout y est fait pour que rien ne se passe.

Mais, de ce grand boulevard qui traverse la ville, les loyalistes ne tirent pas que des avantages. Si cette voie stratégique réunissait jusque-là les conditions matérielles pour le déploiement de la force et l’organisation militaire face à l’inexpérience et la confusion des insurgés, les Kaddhafistes commencent visiblement à en éprouver les limites. Les possibilités de circulation qu’il offre signifient aussi une exposition au harcèlement quotidien des shebabs. Maintenant que tout ce qui devait l’être y est détruit et que le nombre de snipers est réduit de moitié, le boulevard constitue un front limité et agit plutôt comme une barrière pour les forces loyalistes. La démolition des alentours gêne plus leur progression que celle des insurgés, et l’utilisation des blindés et de l’artillerie lourde est désormais délicate avec les ruelles qui l’enserrent. Les forces kadhafistes ont tout intérêt a assurer leur position de verrou aux portes de la ville et à renouveler les offensives sur la zone du port comme les jours précédents.

Aux alentours, le déroulement des combats a transformé l’espace en gruyère où le moindre recoin appartient a l’un ou l’autre camp, dans une telle proximité où parfois seulement un bâtiment, voire un mur, séparent les combattants. Certains snipers changent encore de position sur le boulevard, à la faveur de la nuit ou de la présence d’un tank, autant pour se protéger que pour surprendre et mettre en difficulté les shebabs. Ces derniers évaluent donc les changements de positions de l’ennemi aux nouveaux tirs qu’ils essuient. Après avoir détruit ou endommagé tous les bâtiments stratégiques de cette artère, les mercenaires essaient d’ajuster leurs tirs en fonction de ce qu’ils comprennent des déplacements et des différentes positions adverses dans la zone.

Aux alentours, le déroulement des combats a transformé l’espace en gruyère où le moindre recoin appartient a l’un ou l’autre camp, dans une telle proximité où parfois seulement un bâtiment, voire un mur, séparent les combattants. Certains snipers changent encore de position sur le boulevard, à la faveur de la nuit ou de la présence d’un tank, autant pour se protéger que pour surprendre et mettre en difficulté les shebabs. Ces derniers évaluent donc les changements de positions de l’ennemi aux nouveaux tirs qu’ils essuient. Après avoir détruit ou endommagé tous les bâtiments stratégiques de cette artère, les mercenaires essaient d’ajuster leurs tirs en fonction de ce qu’ils comprennent des déplacements et des différentes positions adverses dans la zone.

Ici, la connaissance du terrain et l’utilisation qu’en font les shebab, mettent en échec la supériorité militaire de l’ennemi. Mise au service des déplacements ou des offensives, l’architecture est subvertie. Les anciennes halles, en parties démolies, sont utilisées pour se déplacer a couvert. Elles sont constituées d’un dédale de couloirs – où s’alignent magasins divers et accès aux étages d’habitation – qui correspondent entre eux et traversent des blocs entiers d’immeubles. Leur disposition forme comme un labyrinthe dans lequel aucun ennemi n’oserait s’aventurer. Le détournement de l’espace prend aussi la forme de nouveaux aménagements. L’ancienne distinction entre intérieur et extérieur, entre lieux publics/privés, n’a plus lieu d’être. Chaque immeuble devient un potentiel point de contrôle à couvert de Tripoli street. Le garage du voisin est désormais l’endroit où l’on mange ensemble, où l’on prépare le thé autant que les armes. Dans un autre, plus en retrait, un petit hôpital de fortune est aménagé. Trois lits, des étagères remplies de médicaments de premiers soins et des ambulanciers y permettent de soigner les shebabs blessés. Le palier de tel escalier devient la chambre où l’on dort à dix quand on ne tient pas la position de tir dans l’appartement d’à-côté. Les fenêtres et autres ouvertures d’origine sont masquées ou obstruées, à l’inverse on perce des trous dans les murs pour observer à la jumelle ou fabriquer des meurtrières pour passer le canon des armes. On détruit aussi des cloisons pour circuler à couvert entre des cours ou d’une habitation à une autre. Parfois, la survie d’un groupe de shebab ou la capture de certains snipers a moins été une histoire d’armement qu’une inspiration architecturale : il aura fallu supprimer à la bombone de gaz les premiers étages de certains immeubles, autant pour protéger ses arrières d’une incursion de nuit que pour assiéger une position ennemie. Ainsi, les forces pro-kadhafistes n’ont pas un contrôle panoptique de la zone, bien que les snipers soient postés sur les plus hauts buildings. Les deux camps sont sans cesse aux aguets du moindre mouvement; acquérir une intelligence du déplacement nécessite une attention permanente. Il faut saisir rapidement quels sont les passages à découvert, quels sont ceux qui sont, pour un temps, exposés. Comment se mouvoir ? De quel côté de la rue avancer, quelle trajectoire emprunter au sol pour rester à couvert dans l’alignement d’un immeuble ? Savoir quand il est bon de courir ou au contraire d’avancer a pas de loup, sans geste brusque, seul ou en groupe.

Les shebabs, d’abord cantonnés à retenir les incursions dans les rues alentours, parviennent désormais à mettre les forces loyalistes en difficulté sur Tripoli street même. En plusieurs endroits, ces derniers jours, des containers ou des poids lourds chargés de sable et de rochers ont pu être disposés en travers du boulevard. Les conducteurs prennent de l’élan dans une rue perpendiculaire et, au dernier moment, sautent du véhicule juste avant d’être a découvert. Des combattants tiennent position en embuscade aux alentours, cocktail molotov, fusil ou RPG en mains. Quand un tank s’approche pour percer la barricade, des draps et des couvertures, répandues au sol et imbibés d’essence, s’emmêlent dans ses chenilles. Les cocktails molotov suffisent alors pour enflammer l’engin. Les premiers tirs de RPG sont concentrés sur les axes des chenilles de façon a l’immobiliser
tripoli-street-place-a-decouvert.jpg

Malgré son organisation, sa puissance de feu supérieure et sa capacité de recrutement, l’armée kadhafiste souffre d’une autre faiblesse. Même si elle compte nombre de partisans, elle est aussi composée de mercenaires étrangers, attirés par l’appât du gain, ou de types – parfois très jeunes – enrôlés de force. Le nom d’armée loyaliste est par moment assez usurpé : une partie de ces troupes n’a d’affection intime ni pour le pouvoir, ni pour cette guerre. Ce qui se ressent par moment dans leur faible capacité d’initiative une fois coupés de leur commandement, ou dans leur rémission lors de moments critiques. A l’inverse, la plupart des insurgés se battent dans le quartier où ils ont grandi, au coté d’un frère, d’un voisin ou d’un ami d’enfance. Même quand beaucoup disent se battre pour une idée de la « Liberté » parfois assez évasive, le prix payé dès les premiers jours du soulèvement a inscrit un caractère irréversible à la détermination avec laquelle beaucoup se jettent dans cette guerre. Beaucoup d’habitants ont fuit les zones à proximite de Tripoli street. De ceux qui sont restés, tous ne sont pas armés, ni ne participent aux affrontements, mais toute présence ici est déjà un geste face à la tentative d’occupation du centre-ville de Misrata. On y vit autant pour soutenir les combats que pour refuser la défaite que constituerait le fait de reconnaitre son quartier inhabitable. Le « Nous ne négocierons pas le sang de nos martyrs » a plus de sens dans la bouche de n’importe quel habitant de Misrata que dans celle du nouveau gouvernement.

Mais la force des insurgés ne se réduit ni à une somme de familiarités, ni à leur foi – qualités trop souvent annihilées par l’isolement et l’inexpérience. Un lieu à Misrata sert de coordination entre les différentes zones de combats. Jour et nuit, des hommes vivent dans ce QG à l’allure d’un campement fait de contenairs. Dans l’un d’eux, une cuisine de base a été installée. En riant, on nous en parle comme du « restaurant ». Dans un autre, quelques matelas défoncés, on y boit le thé, on discute des nouvelles, on regarde Al-Jazeera. C’est la « salle des opérations » qui, la nuit se convertit en chambre à coucher. Dès le premier regard, cet endroit est assez éloigné de l’idée que l’on pourrait se faire d’un centre militaire. Celui que l’on désigne grossièrement comme le chef se présente lui-meme comme « le cheikh d’une grande famille », celle des insurgés. C’est l’ âge et l’expérience qui confèrent, à lui où a d’autres, une autorite en matière de stratégie. A première vue, une hiérarchie détermine les rapports mais l’amitié semble être en mesure de neutraliser l’amour de la chefferie. Le soir, les discussions sont sans cesse entrecoupées de nouvelles arrivées. Les hommes reviennent des différentes zones de combat de la ville. Pour pallier l’absence de moyens de communications, des déplacements réguliers entre les postes de combats et ce lieu servent à informer des nouvelles de la journée, penser de nouvelles attaques, prévenir des besoins. Les vivres et l’armement ne sont pas laissés au hasard. En partant de là, des hommes se préoccupent de les acquérir, les acheminer et les distribuer aux differentes positions.

Dans la nuit de samedi a dimanche, la planification d’une opération coordonnée pour couper Tripoli street a permi d’isoler le Tamina Building de ses arrières et de mettre hors d’état de nuire deux tanks, un bus et deux voitures de mercenaires venus en appui. Ce mardi soir, les derniers tireurs embusqués dans l’immeuble encerclé tentaient d’être neutralisés. Sur le toit, le drapeau de la « Libye libre » a déjà remplacé l’étendard vert qui y flottait depuis un mois.

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                                                                                                                                  Le fameux Tamina Building.



                                                                                                                                                                                                                       Misrata, le 12 avril.




source:
en route , Nouvelles de l'insurrection libyenne…

mercredi, avril 13 2011

l'accident de Fukushima en 3 minutes

Comprendre l'accident de Fukushima en 3 minutes sur le monde


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vendredi, avril 8 2011

Les filles des 343 salopes

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IVG : je vais bien, merci.

Plus de 200 000 femmes avortent chaque année en France.

Cet acte, pratiqué sous contrôle médical, est des plus simples. Pourtant, le parcours des femmes qui avortent, lui, l'est de moins en moins :

Le droit à l'IVG est menacé : en pratique, par la casse méthodique du service public hospitalier, et dans les discours, car l'avortement est régulièrement présenté comme un drame dont on ne se remet pas, un traumatisme systématique.

Ces discours sur l'avortement sont des slogans éloignés de ce que vivent la grande majorité des femmes, ils ont pour but de les effrayer et de les culpabiliser.

Nous en avons marre que l'on nous dicte ce que nous devons penser et ressentir.
Depuis le vote de la loi Veil en 1975, a-t-on cessé de prédire le pire aux femmes qui décident d'avorter ?

Nous en avons assez de cette forme de maltraitance politique, médiatique, médicale.

Avorter est notre droit, avorter est notre décision. Cette décision doit être respectée : nous ne sommes pas des idiotes ou des inconséquentes. Nous n'avons pas à nous sentir coupables, honteuses ou forcément malheureuses.

Nous revendiquons le droit d’avorter la tête haute, parce que défendre le droit à l’avortement ne doit pas se limiter à quémander des miettes de tolérance ou un allongement de la corde autour du piquet.

Nous disons haut et fort que l'avortement est notre liberté et non un drame.

Nous déclarons avoir avorté et n’avoir aucun regret : nous allons très bien.

Nous réclamons des moyens pour que le droit à l’IVG soit enfin respecté. Nous réclamons son accès inconditionnel et gratuit mais également la liberté de faire ce que nous voulons de notre corps sans que l'on nous dise comment nous devons nous sentir.

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PÉTITION ICI

dimanche, avril 3 2011

1 août 2011, un camp de vacances à Monaco


paradis_fiscaux.jpg Demain, le 1er avril, cela fera exactement 4 mois à compter d'aujourd'hui que nous avons commencé l'occupation la plus ambitieuse dans notre combat international contre les mesures d'austérités de nos gouvernements.

Dans la vraie tradition d'organisation horizontale, cela dépend de nous de faire un succès de ce plan dingue.

Au cours des 4 prochains mois, nous avons besoin de travailler tous ensemble si nous voulons réussir ce projet. C'est possible.

Mais les gens qui administrent le réseau facebook n'ont ni le temps ni les ressources pour élaborer et planifier des stratégies seuls.

Donc nous allons ouvrir le projet et inviter tous ceux qui manifestent un intérêt pour cette grande idée, de faire partie du processus créatif qui pourrait conduire des milliers de personnes à participer à une action directe cet été.

Si nous ne nous unissons pas tous ensemble sur cette action d'occuper un tout petit pays, cela ne se produira pas en août, nous ne sommes pas inquiets à ce sujet, nous savons que tout le monde va faire des choses intéressantes si cela se produit, mais si vous voulez que cela arrive, faites-le.

Nous aurons certainement besoin de nous rencontrer directement à un moment donné, mais pour commencer, nous avons mis en place ce groupe sur crabgrass, qui est une plateforme plus polyvalente pour une politique radicale que facebook.

Certains d'entre vous le savent, les autres apprendront à utiliser ces outils au fur et à mesure de l'avancement du projet.

Si vous n'avez pas de compte sur riseup.net, ça ne prend que quelques secondes à faire.

Vous remarquerez que le groupe n'a pas de contenu pour le moment, nous avons souhaité mettre en place cette plateforme et voir ce que nous proposerons tous collectivement.

Vous pouvez commencer des discussions et créer des groupes pour explorer des sujets spécifiques et les rajouter au wiki.

Nous aimerions mettre l'accent sur des stratégies pratiques pour rendre possible l'occupation de Monaco le 1er aout et que l'action soit couronnée de succès plutôt que de s'enliser dans des débats idéologiques sur la nature diabolique du capitalisme.

Nous pensons que nous avons suffisamment de points communs afin de prendre part à une action directe contre le capitalisme financier à Monaco, mais on pourrait ou non comprendre les détails.

Certains d'entre nous ne se donneront pas la peine de participer au processus, mais d'autres seront très excités par ces perspectives. Nous ne savons pas si cela peut fonctionner mais nous voulons donner un coup de feu.

Rendez-vous sur crabgrass (ou dans la rue).

L'appel original :

Nous allons donner un nouveau sens à la fuite des capitaux. 1 août 2011.

Monaco a une surface de 2,2 km carré, il y a 330.000 habitants dont 84% sont des étrangers, exilés fiscaux.

Il y a environ 500 agents de police à Monaco (la sécurité est assurée par la France).

La seule véritable armée dont on peut à proprement parler est les 100 gardes du corps de la maison royale.

Les faits sont simples : Philip Green (ou plutôt sa femme) habitent là bas. On nous dit en Allemagne, en France, en Italie, en Espagne, en Grèce, etc. ... que le capital est mobile et que dans une économie politique mondiale, nous sommes impuissants face à cet état de fait. Les réductions d'impôts sur les sociétés, l'impôt sur les dividendes etc. ... dans une course toujours vers le bas, ce qui induit que les Etats-Nations (dans lesquels la plupart d'entre nous vivent) ont de plus en plus de difficultés à financer leur système social et les services publics, etc. ... et ce, depuis le début du 21 siècle.

La plupart des oligarques des entreprises européennes, qu'ils soient suédois, italiens, etc. ..., basent leur société à Monaco.

Et on dit aux peuples européens qu'on ne peut rien faire contre ça, c'est légal.

Sauf si nous faisons usages en tant que citoyens européens de nos droits constitutionnels, tel que consacrés par la Cours Européenne des Droits de l'Homme, pour montrer notre mépris en occupant pacifiquement leur espace.

De l'époque moderne à la révolte des paysans en passant par Watt Tyler et la marche contre la faim de Jarrow, il y a toujours eu des marches des peuples dominés contre les forces de domination et le capitalisme.

Dans une économie mondialisée avec une classe capitaliste transnationale, cette action directe est la réponse exacte, quoique les circonstances aient un peu changé.

Au lieu de Newcastle à Londres comme les travailleurs de Jarrow, nous partirons de tous les pays européens vers cette petite principauté de 2.2 km2, montrer que les peuples européens ne plaisantent pas.

Le capital est mobile dans une économie mondialisée, mais les gens aussi, pour quoi les protestations ne pourraient pas l'être aussi ?

Des milliers de personnes de toute l'Europe rassemblés à Monaco pourraient être une perspective intéressante.

Mettre à nu l'esprit de ces exilés fiscaux qui aiment les paradis fiscaux pour leurs avantages évidents - ces lieux n'ont actuellement pas d'armées permanentes.

Allons-y, organisons un plan pour le voyage et une stratégie.

Traduction de l'appel de occupymonaco[1]

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Chouette perspective pour les vacances, moi qui savais pas quoi fiche de mes looongues vacances prolongées, je prend date et je suis bien curieuse de voir le suivi qu'aura cet appel.

Pour l'instant, y a pas foule dans leur groupe, ils démarrent.

Une idée des british, pas stupide finalement, plutôt que s'emmerder à gueuler dans nos pays respectifs comme des cons contre les mesures d'austérités iniques prisent au nom d'une crise qu'on nous fait payer. Alors que les responsables se dorent la paillasse sous le soleil de paradis fiscaux, logique.

En Angleterre, ils sont assez énervés en ce moment, ça gueule, conteste , s'organise manifeste, un exemple à suivre.

La vue du  prolo enragé qui  au lieu de filmer les voitures de luxe sagement garés le long des trottoirs de la  principauté, les brulent, juste retour de bâton. Là je m'emballe un peu, mais plus judicieux ce style d'action que d'aller cramer la charrette pourrie de ton voisin d'immeuble.

Ils nous emmerdent, montrons leur que nous ne sommes pas dupe. Et allons nous promener, nous aussi,  sur les plages de Monaco, visiter les palais et les banques , les boutiques de luxe dont regorgent ce tout petit pays, pépite de l'opulence et l'ostentation capitaliste.

Même si tous ce luxe payé sur le dos de la  misère, de l'esclavagisme, des gosses qui crèvent de faim dans le monde ou sous les bombes de tous ces potentats archi milliardaires, a plutôt tendance à me foutre la gerbe.

Surtout qu'ils commencent,la chienlit capitaliste, à se faire du mouron, toute cette agitation revancharde qui gagne la vieille et paisible Europe, le peuple n'accepte plus qu'on les tondent, ils sont surpris[2].

Faut pas se leurrer, on aura rien sans rien, faut foutre un peu le bordel dans leur espace protégé ils nous font bien chier dans le notre à longueur de temps. La population À Monaco est trié sur le volet, c'est pas toi ni moi, le gueux et la gueuse qui pourra te payer une chaumière dans leur bled. En même temps, on en voudrait pas de leur 2500 m2 avec piscine et tout et tout( le ménaaaaaaage et tu te vois exploiter des sans papiers pour se le taper, non !),

Symbolique cette action  peut être, mais elle semble  intéressante à plusieurs titres, d'abord, fédérer un mouvement européen de contestation des coupes budgétaires (#uncut[3]) , ensuite montrer à l'oligarchie, à nos gouvernements qui les servent qu'on en a plein le dos et qu'ils ont bien raison de craindre ce peuple qu'ils sont censés représenter. Notre force c'est le nombre, il y a plus de crève la faim que de bourgeois.Et sans doute aussi redonner confiance à la classe des exploités, qui vit dans l'expectative de ce qu'il va encore arriver comme connerie, catastrophe écologique, économique, etc..., lui insuffler l'idée qu'il peut, peut être influencer le cours de son destin. On nous prédit la fin du monde pour 2012, mais je préférais voir la fin d'un monde, celui du capitalisme, de l'exploitation, du profit, des guerres, de la faim dans le monde, etc...

Les perspectives qui se dessinent pour la population sont tellement sombre, personne ni la jeunesse ni les retraité(e)s,ni les travailleur(e)s, les précaires, les sans grades, les sans-voix n'ont plus rien à perdre, et n'ont surtout rien  attendre des promesses électorales.

"Tout le monde se révolte autour de nous, 
les pays arabes, musulmans... 
Et nous, 
on est comme des cons, 
on attend les élections."

Brigitte Fontaine 
Libération du 31.03.2011

[1] https://we.riseup.net/occupymonaco2011
[2] http://blog.bruckertfinance.fr/2011/04/bulle-sociale/
[3] http://twitter.com/#!/_schmecks_/uncut-everywhere

mercredi, mars 30 2011

Un commando de choc d'activistes anti-nucleaire en taule #USA

2 mémés, 2 curés et 1 bonne sœur ont été condamnés par le tribunal fédéral de Tacoma, USA, le 28 février 2011 à des peines de taule[1]

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Sœur Anne Montgomery, 83 ans, 2 mois ferme et 4 mois sous résidence surveillée
  • le prêtre Bishel, 81 ans, 3 mois ferme et 6 mois de résidence surveillée

  • Susan Crane, 67 ans, une paroissienne, 15 mois ferme dans une prison fédérale

  • le prêtre Steve Kelly, 60 piges, 15 mois de prison ferme

  • Lynne Greenwald, infirmière de son état, 60 ans, la cadette, 6 mois ferme

Et tous ces dangereux individus devront chacun payer en sus une amende s'élevant à 5300 dollars.

Qu'ont bien pu faire ces dangereux paroissiens, qu'on ne peut à première vue soupçonner d'être affilié à al-Qaida, ni suivre les principes de Ben-Laden, célèbre gourou d'une autre  secte bien connue, l'axe du mal.

Dans la nuit du 2 novembre 2009, ce commando très spécial, au lieu de tranquillement jouer à la belote à la paroisse du Sacré-cœur à N.Y, se sont introduits dans la base de Kisapt-Bangor.

Une base militaire américaine sensible qui abrite des centaines d'ogives nucléaires utilisées par les sous-marins Trident, huit y sont d'ailleurs basés.

Il faut préciser que les 2 curés sont membres actifs d'une organisation pacifiste et antinucléaire: la communauté GROUNDZERO, et qu'ils ont embrigadé leurs paroissiennes dans leur lubie à force de persuasion.

Feraient mieux de leur enseigner le macramé, ce serait moins risqué pour nos mémés.

Nos courageux ancêtres ont quand même parcouru sans problème plus de 6 kms à travers cette base, alors même qu'on suppose qu'elle doit être super surveillée. Un exploit. Mais arrivé au lieu dit de stockage des ogives. Gaulés : projecteurs allumés, des dizaines de véhicules les ont encerclés.

Nos papys et mammys ne se sont pas laissés démonter pour autant et ont brandi leurs banderoles sous le nez des militaires et se sont mis à prier et chanter devant leur yeux ébaubis. Les comiques from the paroisse. Rien que d'imaginer le spectacle mortel, je me marre.

Et malgré ce numéro clownesque, somme toute bon enfant, notre commando de choc s'est retrouvé embastillé au petit matin,  en GAV, curés, bonne soeur et mémés.

Avant même le début du procès, aucune allusion n'a été autorisée par le tribunal quand à la dangerosité des armes stockées sur le site. Une chape de plomb sur le risque de ces armes nucléaires, secret défense.

Mais les charges sont lourdes, ils sont quand même accusés de félonie, de complot et d'intrusion dans un site protégé et secret défense.

Le verdict fut sans appel: tout le commando en taule.

Y a pas à dire, ils ont des couilles sous leurs soutanes ces curés là, et elles servent pas à enculer de l'enfant de cœur. Prenez-en de la graine, les bigots.

Suggestion pour animer la paroisse, confection de banderoles, de tracts (un tuto pas de blem, cliques ici) et au lieu d'aller se trimballer à Lourdes quoi de mieux qu'un sitting à la centrale du coin.

Et pendant ce temps-là , le magasine Rolling-stone[2] publie des photos , censurées par le pentagone, d''horreurs et de crimes commis par les membres de l'armée américaine envers la population afghane, la kill-team, ils appellent ça, les journaleux.

Photos

Réponse embarrassée du pentagone[3] : la responsabilité demeure la principale préoccupation de l'armée dans (ses dirais-je plutôt !) ces crimes, sig !! Seront t'ils aussi intraitables que pour notre commando de choc ? L'affaire est en cours.

[1] http://www.commondreams.org/view/2011/03/28-14

[2] http://www.rollingstone.com/politics/news/the-kill-team-20110327

[3] http://www.defense.gov/releases/release.aspx?releaseid=14367

lundi, mars 28 2011

Les cantonales, ou on nous refait le coup du FN

Ça  y est enfin!!! C'est fini les élections cantonales, dans mon canton  y en a point s'eu, mais je n'ai pas pu échapper aux commentaires des spécialistes de la question électoral , agrégés en mathématiques, agitateurs de la populace quant à la vermine brune qui s'avance dans notre douce France,  les défenseurs zélés du droit de vote et tutti quanti.

Et tout ce monde est hélas passé à côté d'un score inégalé envié par tous les dictateurs de la planète qui n'ont jamais été aussi loin, faut pas pousser quand même, ça va se voir à force :

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Ben mince, moi quand j'ai vu ça j'y ai pas cru mes mirettes, 100% des voix, comment qu'il a fait!!!

En vrai  il était tout seul, mais ça fait drôle, tout le canton derrière lui comme un seul homme ça t'assoit une réputation, mon bonhomme.Vas -y Roland, on t'y pousse t'y tenais tant, si il n'y a que ça pour te faire plaisir. Mais quand même 100% des suffrages exprimés.

Comme ça c'est beaucoup plus simple pas d'adversaire, donc pas de choix pour le populo, le Leader price électoral, on a pas à s'emmerder à discuter programme, avenir.... Ça ne ressemble même plus au bipartisme à l'américaine qui arrangerait bien le PS et l'UMP, le retour du soviet.

Alors là vive la démocratie, les gueux et les gueuses, entre ceux et ceuses qui s'embrouillent, qui nous font des alliances bancales, juste par souci de mathématiques, afin de  piqué quelques voix par ci par là, dans quel but, je ne suis pas sure qu'ils sachent eux-même. Ceux qui gueulent : FAUT FAIRE BARRAGE AU FN, ALLEZ VOTER. Merde pour qui, la panique.

Tous, ils font le bonheur de la classe politique, pourquoi changerait-ils de mœurs et d'éthiques, puisque de toute façon l'affolement s'installera à chaque suffrage quel qu'il soit, cantonales, municipales, législatifs, etc... Aussi sur qu'il  y a des élections.

On nous agite le chiffon rouge du FN pour culpabiliser l'abstentionniste, exit les vrais problèmes, le chômage, la surcharge de travail, la remise en cause radical du capitalisme etc... , surtout pas causer économie, les français n'y captent rien, c'est connu.Détourner l'attention des vrais problèmes, règle n°1 en politique.

Ah si une chose dont ils sont sûrs, tous ces Cassandres, ils veulent le fauteuil en cuir avec les roulettes et l'émolument qui va avec, pour le reste ce qu'on va bien pouvoir faire ou dire , plus tard, après quand on  aura bien calé ses fesses dedans ,'on se creusera les méninges pour notre bonheur qu'y disent à nous les administrés.On en doute pas.

Mais ce score, en réalité, qu'est ce qu'il représente, pas grand chose, si personne ne s'était déplacé, cela n'aurait rien changé, il aurait été élu, le bonshomme puisqu'il n'avait pas d'adversaire, même s'il n'avait eut que la sienne de voix.

On n 'y voit plus clair là :

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En réalité il a  été élu avec grosso modo 30 % de la  totalité des inscrits. Ça calme.

Je trouve ça absurde que ce soit  les cris d'orfraies que l'on pousse à l'approche de chaque élections sur les scores du FHAINE alors qu'en réalité , ils baissent année par année, ou à la vue de celui de Roland qui ne signifie rien.

L'abstention criante ici, ce fléau dont on nous rebat les oreilles de suffrage en suffrage, le nid du FN qu'on nous dit , pas forcément, n'est ce pas plutôt les élections, son creuset.