Dimanche dernier je suis allé faire mon intéressant sur l'antenne de FPP, à l'émission Konstroy (comme c'est surprenant) ("konstroy ?", connaissais pas). Les invités du jour étaient les Clébards (en fait Mika du groupe, et Alex, présidente de Waf!productions). Pour la petite histoire (qui fait les grandes rivières), la semaine d'avant j'avais terminé l'émission en faisant remarquer au fanzine "A bloc!" que le sommaire de leur dernier numéro était essentiellement masculin, et dans les discussions qui ont suivi l'émission j'ai dit que je viendrai causer à l'antenne de la représentation féminine à Konstroy, et qu'on allait bien rijoler. J'ai viendu et j'ai causu. Je sais pas si les auditeurs ont bien marré themselves, mais en ce qui me concerne ce fût un moment d'anthologie ! Après écoute, on se rend pas bien compte de l'ambiance dans le studio, mais c'était bien cool :)
J'ai commencé par passer un morceau de La Théorie Du Boxon, un sympathique combo @punk boitaryhtme, qui s'est associé à Ndep, une jeune hip-hopeuse de Niort, pour faire Notre étendard, que je trouve carrément bon (certes oun poco naïf, mais quand ça va maturer ça va déchirer). Ils ont fait un autre morceau ensemble, C'est pas nous qui sommes fous. Tir croisé ; le premier se trouve sur l'album des LTDB, "Pour un repas riche et pas cher", et le second sur l'alboum de Ndep "Du coeur au majeur".
Pour ce qui est de la chronique... comme je l'avais laissé entendre dans un commentaire d'un précédent billet, c'est l'adaptation d'un billet que je comptais mettre sur ce blog. Donc je le fais. Ci-dessous. Ya le verbatim de la chronique.
La chronique se clôture avec mon morceau préféré que j'ai à moi de L7, "American society" (*) (ah ah.. mais quelle bande de hardrockeuses ces L7 quand même)
Morceau précédé d'un extrait d'une intervention de Christine Delphy sur la non-mixité, et que l'on retrouve en entier ici. Et, sans déconner, Christine Delphy dans la playlist d'une émission punk, c'est pas la classe ?
L’émission en entier est [ici] , la chronique seule (encadrée par les deux ziques précitées) ci-dessous, et le verbatim encore en dessous :
Et tant que j'y suis, en ce qui concerne les riot grrls, je cherche désespérément les sous-titres du docu "Don't need you". Même si je panne à peu près l'ensemble, ne pas saisir le détail est super frustrant. Si vous avez des pistes... merciiii !
(*) Oh pitain... étreint d'un certain doute, je viens de me rendre compte (après avoir torturé ce robatard de wikipédia) que dans le groupe à l'origine du morceau (oui, "american society" est une reprise), et qui s'appelle "eddie et les sous-titres" (faut bien traduire les sous-titres), le Mike Patton, n'est pas LE Mike Patton !! C'est le Mike Patton (from California) de Middle Class et non pas le Mike Patton (from California) de Mr Bungle. Mais quelle histoire, mais quelle histoire !
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Au départ cette chronique devait
s'intituler "Analyse statistique de la présence
féminine sur l'antenne d'une radio libre au sein d'une
émission punk rock et perspective de lutte pour une
amélioration auto-émancipée de la visibilité
du genre féminin dans la scène alternative".
Finalement j'ai préféré appelée ça : "Les meufs à Konstroy", je pense que c'est plus précis, et que c'est plus dans le ton de la chronique.
Alors tout d'abord pourquoi cette chronique ? Pourquoi ce sujet ??
Oui pourquoi?
Et bien c'est simple, c'est parti en fait d'une soirée spéciale pour fêter les 30 années d'existence de Radio FMR à toulouse (et d'ailleurs nous pouvons saluer au passage les camarades d'earplug et de no control).
Je ne vais pas rentrer dans les détails de la soirée, mais disons que le plateau était bien fourni avec entre autre la reformation des cultissime Légitime Défonce, et aussi les Charly Fiasco dont on ne parlera jamais assez tant ils sont balezes. Mais.. nonobtstant la qualité INDéniable de ce plateau, le spectateur un un peu attentif aura remarqué ce soir là que la gente féminine était bien présente... dans les backstage et derrière les stands. Parce que sur scène, sur les 28 musiciens recensés par mes soins (mais je suis parti après La Phaze, et je suis pas sûr que la faune des DJs qui se sont succédés aient véritablement renversé la vapeur), donc disais-je, sur les 28 musicos qui ont défilé sur scène, pas une seule meuf. Zéro. Nada.
On peut ne pas s'en offusquer outre mesure, mais en ce qui me concerne, les plateaux musicaux, c'est comme les plateaux de télé.. quand il ya que des mecs, ça me fout mal à l'aise. Ca fait vraiment réunion de dominants. Alors évidemment on peut le dire, et se contenter de le dire, mais quand on le dit, on trouve toujours des gens pour te répondre par des arbres qui cachent la forêt ; mais si il ya vait machine, il ya eu trucmuche... stop break... avec des chiffres au moins on prend conscience du truc.
Par exemple. Pour les concerts d'hier soir (gomorrhe et miss roudoudou sont en panne et les parisiens boycottent le punxrezo, j'ai pas les concerts à paris), mais par exemple, à lille il y avait bulgarian yogourt et larcin et hop 8 zicos sur scène , zéro fille. A Quintin (c'est vers saint brieuc) y'avait une grosse soirée avec trouz an noz, mauvaise graine, chas gourlen, crakage mental et les freres morveux, 5 groupes quoi. Bilan , sur 17 personnes sur scène il y'avait 3 filles.. dont deux choristes chez trouz an noz.
A rennes, il ya vait Broke et Death or Glory : 9 musicos sur scène... zéro fille.
Autant le dire, au niveau hexagonal, c'est le désert. Peanuts.
Et c'est marrant parce que le public, lui il est quand même super mixte. Il n'y a absolument aucun corrélation entre le public, la mixité du public, devant la scène et les zicos qui sont dessus. Et il n'y a absolument aucune raison pour que le public présent n'ait pas, de manière égale, envie à sont tour de monter sur scène.
Il est évident que le manque de légitimité joue à fond. Quand tu n'as plus aucun modèle à qui t'identifier, que tu vois aucune fille sur scène, c'est clair que, passez moi l'expression, mais il faut des bollocks quand on est une fille pour prendre un guitare et affronter le public.
Et côté modèle, cela ne se resent pas que sur scène, mais aussi dans les médias, y compris dans les fanzines, et y compris à la radio. Tadam.
C'est pourquoi je me suis penché sur les chiffres de Konstroy, pour l'année 2011.
Alors je ne juge pas heing... que l'on soit bien clair, il ne s'agit pas de faire de la morale, juste dresser un état des lieux (ne me tapez pas).
Sur un total de 39 émissions avec des invités, vous avez eu 94 invités. 77 garçons et 17 filles. Soit un total de 18% de filles. En gros, sur 10 invités il ya eu 2 filles.
Déjà là c'est pas terrible.
MAIS.
Car il ya un mais. En fait il y'en a plusieurs, on pas fini de rigoler.
Ce chiffre est à modérer, car... sur 17 filles invitées au cours de l'année 2011 :
- 6 s'occupent de fanzines
- 3 s'occupent d'orga de concert
- et seulement 8 filles font de la musique !!
Sur 94 invités, 8 filles qui montent sur scène !
MAIS
Même ce chiffre est à modérer, car aucun statisticien digne de ce nom ne validera ce ratio de 8/94 (environ 10%) en sachant que parmi les 8 filles qui font partie d'un groupe invitées à cette antenne, 5 font partie des punaises !
Donc si l'on enlève cette émission avec les Punaises (chouette émission au demeurant) qui représente une aberration statistique, on se retrouve avec 3 filles invitées sur 34 émissions consacrée à des groupes de zique.
Autrement dit, il faut écouter 10 émissions Konstroy pour avoir une fille qui joue dans un groupe à l'antenne.
C'est pas brillant brillant.
Alors, que faire ?
Dans un premier temps, je pense que oui, il est nécessaire aux orga de concert, aux émissions de radio, aux fanzines, d'essayer au maximum d'équilibrer les sommaires, les plateaux, et les invités.
Et ensuite, ça semble évident que les filles représentent, de fait, une partie de la scène (le milieu) qui est exclue de la scène (les planches). Quelqu'en soient les raisons. Mais je pense qu'il est temps que les filles les plus actives regroupent les forces et fasse ressurgir un mouvement équivalent à celui des riot grrrls qui avait bien secoué le milieu punk au début des années 90. Organiser des ateliers et des concerts non-mixtes, histoire de repartir sur des bases de luttes classiques. Foutez-vnous dehors, à nous les mecs ! Reprenez de l'assurance, et venez secouer ce milieu qui malgré son apparence vivante, s'enfonce dans le superficiel et le maussade. Je crois qu'on a vraiment besoin que les meufs viennent nous filer des coups de pieds au cul.
Je ne sais pas si le fallope fest de limoges aura cette année (je n'ai pas eu de réponse), mais je l'espère et je leur souhaite bonne chance.
Je terminerai cette chronique sur un des slogans des riot grrrls de l'époque "A woman needs a man, like a fish needs a bicycle".




