La chanson du lundi. "Hurray", par les Burning Heads
Par abFab le lundi, juillet 19 2010, 07:24 - Lien permanent
Les Burning Heads ont toujours tenu une place à part chez moi. Au début on appelait cela du hardcore mélodique, puis le tsunami de skate amerloque a véritablement déferlé sur le vieux continent déversant sa cargaison de roulettes sur une scène franchouillarde plutôt moribonde. Pour nommer ce que je persiste à qualifier de variétoche américaine, on a judicieusement appelé tout ça du "punk à roulette". Perso, malgré de véritables (et louables) efforts, je ne suis jamais vraiment parvenu à intégrer les différences dans ce qui reste pour moi un gros bol de soupe chauffée par des labels "indépendants" ayant la puissance de feu des majors. Fat wreck, Epitaph, Sub pop, Burning heart, tous ces labels "indépendants" ont inondé la scène d'une théorie de groupes ultra-énergétiques, moralement tranquilles et politiquement inoffensifs. C'est ce que Naomi Klein, dans "No logo", appellera "l'ère du cool", quand les marques s'emparent de la jeunesse pendant les années 90. Quicksilver, Oxbow, Eastpack, etc... grand époque pour les marques de fringues qui sponsorisent à tour de bras. C'est encore aujourd'hui une marque de godasses qui est l'emblème de la scène "punk" amerloque avec son "warped tour". Bref, même si, comme disait l'autre "y'en a des bons", je ne suis pas sûr d'être passé à côté de quelque chose de formidable.
Les Burning Heads, eux, étaient là avant la
déferlante, ils l'ont accompagnée sans connaître la
gloire (qu'ils auraient pu et du avoir), respectés par
tous (je n'ai jamais connu un groupe qui faisait autant
l'unanimité, toutes scènes "punk" confondues).
Passé pourtant dans des grosses structures (Epitaph europe,
Yelen), leur image aurait pu en prendre un pet, mais non. Comme des
casse-couilles, ils ont imposé des albums de reggae en pleine
apogée skate, et comme des losers magnifiques ils se sont fait
viré d'Epitaph quand ceux-ci ont cessé l'antenne
européenne, puis ont fait la fermeture de Yelen (champaaaagne).
Depuis ils ont créé leur propre label "Opposite prod". Et
continuent à pondre des petits bijoux d'albums.
Et le dernier opus en date est une tuerie. Un enchaînement de perles
de moins de trois minutes. Comme d'hab chez les Burning, les textes
sont en anglais, ce qui est fort dommage tant la qualité
d'écriture est bien présente. Toma m'avait
expliqué qu'ils avaient bien essayé de chanter en
français, mais que le résultat était plutôt
catastrophique. Retour à la case english, mais chanté
avec ce bon accent frenchy qui rend les paroles si facilement
accessible qu'au final c'est très bien ainsi. "Spread the fire"
("allumez le feu") (la question demeure.. est-ce un hommage?) ne
contient pratiquement que des tubes. D'Invisble desease (sur les
déchets nucléaires enfouis un peu partout) à Forget,
variation tranquille sur le 11 septembre qui doit surement faire
contrepoids à un Bomb the world magnifique ("When the
people are starving in the streets / they build another bomb / When
they hear the cries of the 3rd world kids / They build another bomb"),
tout est bon. Y compris ce Hurray, que finalement je vais
choisir pour cette chanson du lundi. J'ai hésité avec Competition,
qui pour une reprise du taf s'avérait plus pertinent ; "Don't
need no leader of the pack / Competition is not my thing/ I've always
hated those fucking teams")... Mais finalement Hurray, véritable
hymne anti-consommation, s'inscrit délicieusement bien dans la
ligne éditoriale de ce blog.
Consommateurs de tous les pays, unissez-vous !
Et faites-vous sauter la cervelle !
Burning Heads - Hurray
"Spending money we don't have
Let's consume and die, let's consume and die
To buy things we don't need to have
Let's consume and die, let's consume and die
Hurray !! We're gonna save the country !"




