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Finalement c'est assez marrant cette (idée de) reformation de leg def. C'est tout une époque perso que ma pomme se prend en pleine poire. De Leg Def, On ne peut pas dire que je fus un fan de la première heure, vu qu'ils vomissaient déjà leur deuxième galette à la face du monde quand je les ai découvert. Mais j'ai pris la même décharge à l'écoute de leur premier album que j'avais prise pour les Béru et Parabellum. En plus violent je pense.

Et d'une, musicalement c'est du punk hardcore. Pas du nouillorkais lourd et braillard, plutôt du west coast première heure qu'aurait pas encore mangé ses trois tonnes de roulettes sponsorisées par quicksilver.  Je laisse les exégètes de la scène se battre pour généalogiser le style, toujours est-il que leur t-shirt des Vandals ou des Adolescents ne laissent pas de doutes sur leurs influences. D'ailleurs, à l'époque, on avait surnommé toute cette scène (hardcore melo roulette américaine sans distinction parce qu'aucun de nous ne savait vraiment faire la différence, et que, hormis les Ramones et les Dead Ken, tout ce qui venait des states on rangeait globalement tout ça dans la même poubelle) (et même aujourd'hui je continue à penser que nous n'avions pas totalement tort), bref on appelait ça la "muzite", à cause du bassiste Zite, qui animait l'émission Plus de bruit le lundi soir sur Radio Mon Pais, et passait essentiellement de la zique à roulette venant des states (mais aussi du dAHU quand ceux-ci prenaient l'émission en otage). Bref, musicalement, Leg Def ça envoie du pâté. Un petit rinçage des oreilles à l'intro instrumentale du premier album suffit à prendre conscience du niveau.



Légitime Défonce - Intro + Anarchy in pink city

Et de deux, la proximité géographique jouait à donf. L'intro précitée est immédiatement suivie d'une rafale textuelle en version hexagonale : "A la cour du roi Baudis tout le monde il est gentil/ Du premier jusqu'au dernier/ Tous ses sujets lui sont soumis... qu'est-ce qu'on attend? Mais qu'est-ce qu'on attend pour le virer ?". En plein règne, effectivement, du roi Baudis, ça vous percute directement l'estomac. Sans atteindre les cieux d'un Fançois Zab ou d'un GVI, les textes de Nico suintent la rage, et tapent direct sur tous les organes vérolés de notre société pourrie de consommation. Tout sert de cible à la kalach verbale du chanteur turboguitariste ; la variétoche sirupeuse (Top Zero), la culture amerloque (Des bombes sur Disneyland), la téloche (déconnecté), NRJ (dans une chanson culte, sorte de double frenchy du "MTV" des Dead Kennedys, "non, non, je ne veux pas / finir sur nrj"), la propagande sous toute ses formes, la vie de merde, les gros cons, l'atome... Leg Def ça défouraillait à tour de bras (inutile de préciser que grande fût ma surprise de voir le gars Nico troquer le phrasé francophone pour la concurrence anglo-saxonne au sein des inoffensifs Dirty Fonzy. Mais c'est une autre histoire).

Et de troize, Leg Def c'est aussi un label, Panx. Même si le troisième album marque la rupture entre le label culte de l'underground toulousain et le groupe, qui ira plus ou moins s'autoproduire pour une question de visibilité, il n'en reste pas moins que Leg Def aura été le fer de lance du label Panx. Panx qui vend probablement plus de disques au Japon, en Pologne ou au Brésil qu'en France (comme quoi nul n'est prophète blabla..), et propose un catalogue dont le moins qu'on puisse dire est qu'il est impressionnant et fort peu cher. Mais, outre qu'il m'a permis de découvrir un grand nombre de groupes plus ou moins obscurs de le monde entier, Pascal Panx a probablement été le premier label a investir le net (en 97 et peut-être même avant), et avec quelle classe ! Un site entièrement fait main, et techniquement à la pointe ; écoute en streaming, catalogue en ligne, forum... et le tout en html et script cgi (le couple infernal php/mysql n'en n'était qu'à ses balbutiements). Ensuite il s'est lancé dans un méga projet MP3 (Mega Punk Panx Projet), dont la finalité était de sortir une compile sur deux ou trois disques gavés de mp3, dont les morceaux seraient disponibles sur panx.net et dont chaque groupe aurait sa page sur le même site. Projet visiblement avorté (ou plutôt continuellement in work), comme celui de la compile des dix ans de Capitole Hardcore (une compile témoignage de la scène punk toulousaine sortie en 97). Peut-être une compile pour les quinze ans ? (allleeeeez)

Pour en revenir aux revenants, les Légitime Défonce (c'est d'eux dont il s'agit c'est marqué dans le titre), ont eu leur premier site web en 99. J'avais fait ça bien, avé des frames et tout et tout... et tout ce qui le rendrait si pourri avec nos yeux de maintenant. Mais à l'époque j'en étais très content (sérieux) (tiens, j'ai remis la main sur l'archive du machin, je le mets en ligne icite) (même pas peur).

Et cette (énième) reformation ?
Je sais pas trop quoi en attendre. Contrairement à Heyoka, je pense que le répertoire de Leg Def a pas toujours super bien vieilli (cela dit, NRJ c'est toujours de la pollution sonore et du trip alimentaire). Par contre s'il était subtilement dépoussiéré et remis un peu au gout du jour ça pourrait carrément le faire ("à la cour de sarkozy, tout le monde il est gentil...") (bon, okay, chacun son degré de subtilité, le mien est pas très exigeant).
J'ai quand même un peu peur que ça me flingue encore un peu plus ma nostalgie (laissez donc les cadavres au cimetière, ils n'ont jamais été aussi vivants que depuis qu'ils sont morts).



Légitime Défonce - Au pays des rockers... et des beatnicks